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Version 2.0 - Mars 2019

 

Commentaire sur "Après la Finitude" de Q. Meillassoux

Cinquième partie

 

Le principe de factualité ou la trahison du Chaos

 

Abstract : La factualité de Quentin Meillassoux est indispensable pour penser la liberté et l'éthique. Elle est indispensable pour penser le pluriel. Elle est aussi indispensable pour penser ce que le chrétien appelle "mystère".

 

 

“ ...Le néant est accepté le plus souvent comme l'unique hypothèse possible après la ruine de toutes les autres, possible parce que par définition invérifiable, hors de portée de la raison. On l'accepte avec désespoir, avec dégoût. Mais lui, il donnait vraiment au néant sa foi, sa force, sa vie. Il le voulait tel, ne voulait que lui. Dans ce choix extraordinaire, dans cette préférence surhumaine, il ne distinguait point la part de rancune accumulée par des années et des années de contraintes. Une telle découverte l'eût probablement humilié. Il se croyait sûr au contraire d'avoir agi sans violence, accepté virilement l'inévitable, et il mettait son honneur à ne se reconnaître aucune dette envers qui que ce fût, soit de haine, soit d'amour...”

Georges Bernanos - L'imposture - 402/662 (début de la troisième partie)

Prenons le bonnet de la bonne. Prenons la serpillière, le sceau et les ballais... Devant la porte du petit meublé de Quentin, on respire profondément deux trois fois, et puis on entre! C'est décidé ; on va y passer quelques heures à faire le ménage sans quoi le désordre de la chambre de ce génial garnement va gagner tout le building!

"Après la finitude"

L'idée maîtresse de mon patron, c'est que tout est contingent (à une exception près évidemment: la contingence elle-même). Mais le régime de contingence dont il parle, et qu'il rebaptise sous le joli nom de "factualité" ne doit pas être confondu avec cette autre "contingence" qui peut se manifester de la même manière sur le plancher des vaches mais qui désigne l'effet de notre ignorance des lois, ou l'effet de la non-exhaustivité de la description d'un contexte dans lequel une loi s'applique, ou l'effet d'une limite dans nos capacités de calcul, ou etc. Pour QM, la "factualité" est un savoir, pas une ignorance, un savoir positif, utile! C'est même le seul savoir certain dont nous disposons, "la" connaissance par excellence, la connaissance "absolue" impliquée dans la racine de toutes les choses. En d'autres mots, nous devrions tous assumer que toutes les choses (y compris les idées, les lois de la nature ou les illusions), pourraient indifféremment perdurer, disparaître ou se transformer. Selon QM, cette certitude seule ne bougera pas, que nous vivions ou non et quelle que soit notre manière d'observer, de disséquer, de penser, de croire...


La contingence, la nécessité, la causalité et le chaos

 

Au dictionnaire, ce qui est "contingent" c'est ce qui "pourrait-ne-pas-être". La "nécessité" est comme l'image en miroir de la contingence. Est "nécessaire" ce qui "ne-peut-pas-ne-pas-être"... Nous sommes souvent enclins à confondre cette nécessité avec le lien terrible en conséquence qui lie les causes et ses effets (le fameux principe de raison: tout effet à une cause et toute cause est un effet d'une autre cause, etc.). Mais ce serait aller un peu vite en besogne ; la nécessité, ce n'est pas tout à fait la même chose que la causalité. La "grande" nécessité, celle qui intéresse QM, celle qui anime son "principe de factualité" c'est celle de la contingence. Elle se situe en amont des lois étudiées par les scientifiques. En aval, il y a un autre genre de nécessité qui sévit, la "petite" nécessité, une nécessité de deuxième ordre: l'obéissance aux lois naturelles. Il ne faudra plus jamais confondre la "grande nécessité" méta-physique dont QM et, bien avant lui, Hume, font grand cas et l'obéissance des choses aux lois naturelles, la "petite nécessité".
Les lois naturelles pourraient-elles changer? Pourraient-elles disparaître et laisser le monde dans le chaos? Si l'on se pose ce genre de question, on est déjà entré dans la sphère de la "grande nécessité" et on fonce tout droit vers la question de la nécessité de la contingence, c'est-à-dire de la factualité.
La temporalité fait partie de la grammaire des lois de la nature, elle est dans le sang et la chair des formalisations scientifiques, comme les distances ou les catégories... Mais lorsqu'on étudie la "grande nécessité" des lois (et non les nécessités induites par ces lois), on passe subrepticement d'une sphère étiologique (étude des successions causales des événements dans le temps) à une sphère modale: celle des possibles et des impossibles indépendants de la temporalité. Qu'une loi soit éternelle ou, au contraire, qu'elle soit apparue au cours de l'histoire, c'est une chose, mais il reste encore à savoir si cette loi (éternelle ou non) aurait pu de pas être. Lorsque je dis que le monde pourrait être autrement, je ne dis pas quand il le sera, ni même qu'il le sera, ni encore qu'il a été différent. La factualité n'est pas inscrite dans la temporalité. Par contre, lorsque je me réfère à la "petite contingence" ou à la "petite nécessité", lorsque je m'intéresse aux expériences dites "scientifiques" et à la formalisation des mouvements de la nature, je suis obligé de me localiser et de localiser l'objet de mon observation non pas par rapport au temps ou à l'espace – cela ne veut rien dire – mais dans le temps et dans l'espace, au regard de référentiels placés n'importe où dans le temps et dans l'espace. (Il faut comprendre le temps comme un grand sac contenant toutes les durées et l'espace comme un grand sac contenant toutes les distances.)


Meillassoux, Kant et les archifossiles...

Lorsque Emmanuel Kant plaçait la nécessité et la contingence dans les catégories de la pensée (dans les conditions de l'écriture des lois naturelle), il n'était pas dans la sphère de la factualité de QM. Kant commençait en effet par confiner tout le savoir dans une cage (l'espace et le temps) susceptible de contenir des quantités mesurables (durées et distances) et dans laquelle des catégories de la pensée organisent l'écriture de l'information scientifique. Kant place sa contingence dans ces catégories qui offrent le moyen de rationaliser non pas la fin des temps mais l'ordre des fins.


À l'époque de Kant, on ne parlait pas encore d'espace-temps et le temps était encore un sac où les durées étaient bien rangées tout au long d'une seule et même ligne. Cela simplifiait considérablement les quantifications de ces durées par l'usage d'un référentiel situé exactement n'importe où sur cette ligne unique. Pour retrouver des durées et des distances entre deux événements (des quantités qui restent les mêmes lorsqu'on change le point de vue de l'observateur), il suffisait de machiner les coordonnées des événements étudiés (les nombres lus sur les axes des référentiels) par les algorithmes de la transformation de Galilée. Kant pensait que la fertilité des sciences était redevable de cette objectivation (des durées et des distances) issues des relations entre les événements et les référentiels.

Pour Kant, la démarche scientifique est donc redevable non pas d'une relation mais d'une corrélation puisqu'elle est la prise en compte du choix que fait un savant (lorsqu'il place ses référentiels) ET de la réponse d'une nature qui, en fonction de ce choix renvoie tel ou tel jet de coordonnées (donation spécifique). Sans le choix du savant, pas de science, et sans le don par la nature d'une réponse très spécifique à ce choix, pas de science non plus. Le savoir scientifique commence par cette connivence entre savants et nature.


Mais dans cette manière de comprendre la nature, on ne sait d'elle que ce qu'elle daigne nous faire savoir par ces jets de coordonnées qu'elle nous renvoie à la figure. Après tout, la nature peut nous cacher des choses, nous induire en erreur, nous mentir... C'est la finitude kantienne dont QM veut avoir la peau.


Kant nous disait que le savoir n'est accessible que par le truchement d'une corrélation: un aller-retour entre un savant et la nature. QM, en bon lecteur de Kant s'amusait à faire valoir que s'il en était ainsi, les savants seraient incapables de traiter de ce qui aurait précédé l'apparition de consciences sur terre. En effet, avant l'arrivée des hommes, il n'y avait pas de corrélation possible entre penseurs et nature puisque les penseurs n'existaient pas encore. Donc, l'accrétion de la terre, l'apparition de la vie, le big-bang et autres propositions scientifiques dites "diachroniques" seraient des fantasmes de poètes et non des connaissances scientifiques. QM, qui n'est pas prêt à renoncer aux messages des sciences, préfère renoncer à la finitude kantienne.

Ce problème qui, selon lui, est inhérent au kantisme, il l'appelle le "paradoxe des de l'ancestralité" (ou des "archifossiles", ou encore "de la diachronicité" selon le point d'attaque). Il est, selon lui, suffisant pour réfuter le kantisme.

Si je distingue bien le temps de la durée, si je comprends bien que le sac du temps contient toutes les durées, si le référentiel n'est qu'une convention de rangement de toutes les durées dans le temps, les problèmes théoriques des archifossiles (ces phénomènes qui, pour les savants, sont porteurs de traces d'époques antérieures à l'apparition de la conscience) sont résolus. La distinction entre le temps et les durées autorise l'accès à des images temporelles antérieures au présent du poseur de référentiels (le savant). Chaque fois qu'il reçoit un jet de coordonnées en réponse au jet d'un référentiel dans le sac, c'est tous les événements inclus dans le sac qui sont séparés et liés par des quantités mesurables (durées), et ce réseau d'événements séparés et liés par des durées comprend évidemment aussi ceux qui ont précédé la naissance du premier lanceur de référentiel. En droit, le lanceur de référentiel reçoit en réponse les coordonnées de tous les événements inclus dans le sac. L'argument des archifossiles de QM ne tient donc pas la route pour un physicien newtonien, mais ce n'est pas grave docteur ; l'essentiel est ailleurs.

Pour un physicien relativiste c'est presque la même chose sauf que les algorithmes qui doivent machiner les coordonnées pour obtenir des distances (spatio-temporelles) changent. De la transformation galiléenne on doit passer à la transformation de Lorentz et sa descendance dans les espaces courbes. J'aurai évidemment la prudence et donc la lâcheté, de ne pas me prononcer pour le physicien de l'infiniment petit, parce qu'avec ceux-là...:)

Pour les distances séparant et liant des événements à venir, il faudra nuancer un peu le propos, le futur ne donnant pas accès aux expérimentations susceptibles d'assurer la falsifiabilité des énoncés scientifiques. La catégorie du possible et de l'impossible devient alors indispensable faute de quoi le savant pourrait être accusé de faire allégeance à un dogme réductionniste.


Pour une analyse plus pointue de la temporalité dans "Après la Finitude", je renvoie mon lecteur à l'article dédié publié sur ce site.)

 

***


Si l'on aborde le monde par la question de ses nécessités de premier ou deuxième ordre, il y a plusieurs cosmogonies qui peuvent s'envisager.

  • Je peux penser, par exemple, que le monde et les lois naturelles (qui régissent les enchaînements de causes et d'effets) sont "nécessaires". C'est la position de Spinoza ou de certains réductionnismes matérialistes... Dans ces philosophies-là, il n'y a pas lieu de distinguer la grande et la petite nécessité ; toutes les causes et tous les effets des causes sont nécessaires. Le monde est à la fois l'horloger et l'horlogerie, point à la ligne. Dans ce monde terrible, Spinoza arriverait même à s'offrir une forme de liberté (voire une béatitude). Moi je n'ai toujours pas compris comment il fait . Mais bon, nous les femmes de ménage, les "bonniches", nous ne sommes pas assez membrées pour de tels raisonnements...
  • Je peux penser que tout (les lois ET le monde) est contingent. Dans ce grand bordel dépourvu de toute nécessité on peut aller prendre son pied sans craindre la contradiction puisque la raison y est rejetée en bloc. Puisque, par hypothèse de départ, on interdit à la contingence de s'étayer elle-même (on esquive la question de la nécessité de la contingence), puisque la raison n'a accès à rien, métaphysiquement parlant, tout, absolument tout, est possible, y compris le royaume des gourous où des dieux fécondent des sirènes... Cela semble tenir la route, sauf que... sauf que... Sauf que jusqu'à preuve du contraire, les sciences sont opérationnelles! La réponse du monde aux référentiels qui lui sont jetés en pâture n'est pas sans régularités! Les savants peuvent en extraire des invariants. Ces régularités ont de solides arguments pour se faire valoir devant les gourous: lorsque sous les ordres d'un savant fou un ingénieur fait sauter une bombe atomique, on ne discute plus tant de la contingence des lois que de leur réalité "hic et nunc". Donc, les gourous avec leurs dieux irrationnels... Ouiiii, d'accord, métaphysiquement ça tient la route. Mais... pour éviter le ridicule, je leur conseille tout de même de ne pas trop se rapprocher des manipulateurs de la rationalité qui pourraient pousser sur le bouton rouge)
  • Je peux aussi penser que le monde est "nécessaire" par l'effet d'un décret atemporel (Dieu...), tout en étant au moins partiellement "chaotique" (c'est-à-dire au moins partiellement indépendant des chaînes causales). C'est le modèle cosmogonique de la plupart des religions "sérieuses" et en particulier des Églises chrétiennes "sérieuses" qui laissent une certaine place à la liberté et aux responsabilités individuelles (je reviendrai sur le lien entre le chaos et la liberté). Il y a des savants qui sont des croyants convaincus, qui rejettent donc à la manière des dogmatiques l'idée d'une contingence de premier ordre (la factualité), qui acceptent donc la nécessité métaphysique du monde ainsi que la nécessité des lois mais qui ne poussent pas la charrette jusqu'aux fantasmes d'un déterminisme pur et dur. Ils disent: "Par le caprice insondable de Dieu les lois et les sciences gouvernent le monde d'une main impitoyablement mathématisée, mais le monde qui nous est donné, c'est beaucoup plus que ce que les lois et les sciences peuvent de dire!". Notons que dans cette cosmogonie-ci il y a bien assomption d'une différence entre deux types de nécessités.
  • Je peux encore penser, si je n'aime pas trop l'idée d'un Dieu ou d'un autre dogme de même stature, que le monde est "contingent" (non-nécessaire) dans sa globalité mais que cela ne l'empêche pas en droit de contenir quelques poches de réalités qui sont organisées entre elles par des lois naturelles... En fait c'est la même position que la précédente sauf que le dogme fondateur a changé. Cette dernière cosmogonie qui, au premier regard, peut paraître incohérente, peut être défendue logiquement. Raphaël Millière dans un article que je trouve lumineux pour tous les amateurs de ce genre de questions, cite un logicien, un certain Armstrong qui a explicité cette possibilité sans connaître QM (il a écrit avant QM). Oui, la logique formelle autorise qu'un monde contingent, "lorsqu'il existe", ait des parties organisées par des lois impitoyables. Or le monde existe, et les vérificateurs ne manquent pas pour le confirmer. Donc nous serions possiblement dans une bulle de nécessité au sein d'une coupe de contingence...
  • Il y a probablement d'autres cosmogonies plus ou moins cohérentes qui sont imaginables et qui se distinguent plus ou moins explicitement des cosmogonies déjà évoquées: le dieu Chronos, le Bouddhisme, le mythe de la tortue, l'idéalisme...


Et mon patron, que pense-t-il? Eh bien mon Quentin, il jongle entre ces grandes visions cosmogoniques: il affirme que le monde n'est pas nécessaire et que c'est cette fragilité-là qui est nécessaire (principe de factualité). C'est cette factualité qui l'organise de part en part: sa contingence devenant une information positive, une connaissance certaine, serait en mesure, selon lui, de tolérer voire expliquer une certaine législation du cosmos et de sa représentation (langage)... Il pense à un "chaos" légiférant par ses propres déterminations et un "chaos" légiféré par ses propres déterminations ; il y a, selon lui, des conditions minimales de détermination du chaos sans lesquelles le chaos ne serait plus le chaos. Avec QM on flirte donc dans une ambivalence de genre ; on joue avec l'ambiguïté native qui sépare la sémantique, l'épistémologie et l'ontologie... Toute la force et la faiblesse de QM sont dans ce qu'il fait du chaos...


Le chaos? Ah oui j'ai oublié de le préciser ; au dictionnaire, le chaos, c'est l'absence de régulation, l'imprédictibilité absolue... Les sciences sont juste de l'autre côté ; les sciences sont structurées par des lois et lorsque la formulation du monde réclame la prise en compte de probabilités, ce sont encore des lois, les lois statistiques qui ont le dernier mot.

 

Les figures de la factualité

 

Ce qui pousse QM à affirmer que la contingence est nécessaire (qu'il y a donc de la contingence à la racine de toute chose, devra, évidemment, être soigneusement examiné avant d'être avalisé. Mais, avant même d'examiner cette intuition fondatrice de son travail de philosophe – je m'y attellerai plus loin – je dois admettre d'emblée que même si d'aventure je devais rejeter ce "principe de factualité", même si je devais finalement rabaisser ce principe général au rang d'une hypothèse gratuite ou d'un fantasme de poète théophobe, même dans ce cas donc, la fertilité d'une telle affirmation est troublante... J'insiste fort sur ce point parce que par et grâce à son principe, QM est capable de reconstruire une nouvelle vision du monde qui donne une réponse à des problèmes qui traînent sans vraie solution sur le bureau du philosophe depuis la nuit des temps. À partir du principe de factualité il reconstruit le principe de non-contradiction par exemple, et il arrive même à réfuter le fondement de l'idéalisme (l'idéalisme dit que le réel n'est que l'idée que l'on en a)... Avec son principe de factualité, il nous dévoile aussi un monde non totalisable, ce qui n'est pas sans importance pour limiter le champ de pertinence des calculs de probabilités... Tout un programme! Il est d'autant plus séduisant ce programme, qu'il semble tout à fait susceptible d'aller vers d'autres découvertes encore...

Tout un programme! Il est d'autant plus séduisant ce programme, qu'il semble tout à fait susceptible d'aller vers d'autres découvertes encore...
Ces certitudes qui découleraient de l'assomption du principe de factualité, Quentin les appelle des "figures" (de la factualité).


Comment QM passe-t-il de la factualité (contingence nécessaire) à ces deux premières "figures" de la factualité que sont le principe de non-contradiction et existence de l'en soi?


A- La contradiction et la non-contradiction


Le principe de non-contradiction, si je veux le résumer en langage de bonne, dit surtout et avant tout que notre pouvoir de parler, de communiquer, ne nous est donné qu'au prix du renoncement aux contradictions. Le raisonnement de QM semble d'abord, comme toujours avec lui, un peu spécieux mais il a au moins le privilège de ne pas être trop difficile à comprendre: si tout ce qui est peut effectivement ne pas être (hypothèse/intuition du départ) alors, en langage de bonne, cela signifie que la contradiction est impossible puisqu'une contradiction c'est affirmer simultanément la vérité d'une chose et la vérité de l'inverse de cette chose. Un exemple pour que ce soit clair: je me contredis si je dis que mon sceau est blanc et qu'il n'est pas blanc... Avec nos conventions langagières, il n'y a pas d'alternative entre la blancheur et la non-blancheur. On a beau chercher, on ne trouve aucun moyen "d'être autre" dans la sphère d'une contradiction car en unifiant la chose et son contraire (ce qui n'est pas cette chose), en unifiant ce qui est blanc et ce qui n'est pas blanc donc, je crée un ensemble qui comprend tout. Or si on est tout à la fois, le candidat au poste de l'altérité est déjà dans ce tout (que je suis déjà). Cette contradiction ne pouvant pas "devenir autre", ne serait donc plus contingente. Mais cette contingence est nécessaire et c'est même la seule nécessité par hypothèse de départ. Donc dans la sphère de la factualité, la contradiction est exclue... Je ne sais pas si vous m'avez suivie mais là est, à peu de chose près, le nerf de l'argumentation.


B- l'existence d'un "en-soi" différent de "l'en-moi"
... ( =réfutation de tous les idéalismes purs et durs)


Pour nous, les femmes d'ouvrages, se poser ce genre de question prouve que les philosophes sont des extraterrestres dont les pieds ne touchent pas le sol. N'est-ce pas folie pure et dure que de croire qu'on est seul au monde, que tout est dans ma cervelle de bonne, je dis bien "ma" cervelle, oui, même vous monsieur, même vous que me lisez, vous y êtes parce que dans l'idéalisme pur et dur il n'existe rien hors de moi. Le monde n'est que l'idée que j'en ai... Pour confondre cette affirmation stupide, QM utilise une démonstration du même genre que celle utilisée pour le principe de non-contradiction. On continue donc de présupposer que le monde est inféodé au principe de factualité. Or, la contingence (nécessaire ou non), c'est toujours la contingence de quelque chose. Il faut donc qu'il y ait la possibilité de devenir quelque chose d'autre, de radicalement autre, pour rendre possible cette contingence. Cette altérité-là n'est pas, ne peut pas être simplement un autre visage d'une seule et même entité unifiable dans l'espace-temps (une succession d'événements qui forment une ligne dès qu'on veut la représenter à l'aide d'un référentiel et que les physiciens appellent une ligne d'univers... ou, plus simplement, la conjonction de l'acte et de la puissance au sein de la substance dans une représentation plus aristotélicienne). L'altérité réclamée ici, ne peut donc pas être incluse dans ce que la chose considérée va devenir au cours du déroulement du temps ou du déroulement logique d'un quelconque algorithme qui la détermine car ce qu'elle devient est déjà dans ses déterminants. Elle est cette durabilité ou cet algorithme qui permet de distinguer cette chose de tout le reste. Et comme par ailleurs la contingence, par hypothèse de départ, est nécessaire (ne-peut-pas-ne-pas-être), c'est bien dire que le monde n'est pas uniquement ce que je peux en penser... d'où l'existence de la chose hors de moi ; c'est l'exigence du possible, mais c'est aussi CQFD...

 

C- Un monde non totalisable... (= limitation radicale de l'emprise des probabilités sur le monde.


Monsieur Hume aimait dire que ce n'est pas la raison qui peut nous garantir que le soleil se lèvera demain! Où irait-on chercher la preuve du contraire? Nous y croyons simplement parce que les jours se ressemblent, mais les prédictions ne sont jamais, même en science, que des projections hypothétiques du passé (et du présent) là où, en droit, tout est possible, même la surprise.

Kant a cru pouvoir réfuter cette thèse avec une démonstration par l'absurde: si ces lois étaient contingentes, nous serions plongés dans un tel chaos que plus rien ne pourrait se constituer, ni la boule, ni la table, ni la scène, ni la gravitation, ni le langage, ...et encore moins la conscience. Tout ce dont nous avons conscience se construit sur les épaules de mille chaînes de causes et d'effets pérennisées par une indéfectible nécessité. (Kant raffine sa thèse avec sa théorie transcendantale qui ancre cette causalité dans les catégories mentales de ceux qui pensent –et non dans les choses– ce qui lui permet d'expliquer que la raison est bien, selon la formule consacrée, la chose au monde la mieux partagée –pourvu qu'on se cantonne dans la sphère des étants qui utilisent les même catégories pour penser– et que, etc. etc.)


- Ouiii... D'accord Emmanuel, répond Quentin, c'est vrai ce que tu dis, Emmanuel, sauf que ce n'est pas la nécessité qui est requise pour constituer une conscience et parler des choses ; ce qui est requis, c'est seulement la stabilité des lois de la nature. La stabilité et la nécessité ce n'est pas tout à fait la même chose Emmanuel! L'inverse de la nécessité (la contingence) n'est pas exclusive de la stabilité!


Et voilà mon Quentin qui, fort de cette distinction entre la nécessité et la stabilité –qui est une autre manière de dire cette distinction entre le temporel et le modal déjà évoquée plus haut– entreprend de surprendre Kant. Il aurait certainement pu se contenter de mettre en valeur cette distinction et cela aurait suffit, mais mon patron n'ayant pas les idées très nettes sur le temps des savants, pour confondre Kant et abattre le dernier rempart des déterminismes corrélationnels, préfère utiliser un autre cheminement démonstratif. Pour sa diatribe, il choisit la méthode que René Vernes avait découverte lorsqu'il commentait le transcendantalisme.

Voici, en 'langage bonniche', la 'méthode Vernes/Meillassoux':
Le nombre de réactions possibles d'une boule de billard à un coup de queue est, en droit, infini. Elle pourrait dès demain partir canonner la lune ou se transformer en crapaud. Or dans notre monde, toutes choses étant égales par ailleurs, la boule a toujours la même manière de réagir. Comme il y a des milliards de milliards de possibilités disponibles, la probabilité que le monde soit tel qu'il est ne serait donc que de un sur un milliard de milliards. Sans la nécessité des lois, notre monde actuel n'aurait donc plus la moindre chance d'être encore celui de demain et encore moins celui d'après demain... Notre monde serait possible mais infiniment improbable. Or ce n'est pas ce qui se passe, nous dit Kant, le monde n'est pas chaotique. Vernes et Meillassoux à sa suite nous montrent que Kant s'est laissé piéger par ce que son calcul de probabilité exige subrepticement de la part du calculateur. Lorsqu'un statisticien parle d'une probabilité, il avalise toujours ce que Blaise Pascal faisait déjà valoir au dix septième siècle: le principe d'équiprobabilité qui veut que ce qui est également possible est également probable. En langage bonniche, ce principe dit que si un dé est bien fait et qu'il a six faces, alors la probabilité de sortie de chacune de ses faces est la même: 1/6. Et si maintenant, en jouant le dé ce n'est pas ce que j'observe, c'est qu'il y a un biais à démystifier ; le dé est 'pipé', il y a 'quelques chose' qui existe et qui n'a pas été pris en considération dans le contexte étudié. Kant, sans s'en rendre compte, assimilait notre monde à une des faces d'un dé ayant des milliards de milliard de face (les milliard de milliards de possibilité de mondes régis par des lois différentes – les « mondes possibles » dira-t-on en sémantique modale. Et comme, malgré une probabilité de sortie quasi nulle c'était et c'est encore, toujours, toujours, et toujours le même monde (géré par les mêmes lois) qui sort, Kant en déduit qu'il y a bel et bien un « quelque chose » qui pipe le super-dé, et ce « quelque chose », c'est justement ce qui permet de retrouver de l'ordre dans le grand bordel cosmique et qui est la nécessité de la causalité!
Reprenons donc le dialogue entre Quentin et Emmanuel où nous l'avions interrompu:


- Ouiii... D'accord Emmanuel, dit Quentin, c'est vrai ce que tu dis, Emmanuel, sauf que ce n'est pas la nécessité qui est requise pour constituer une conscience et parler des choses ; ce qui est requis, c'est seulement la stabilité des lois de la nature. La stabilité et la nécessité ce n'est pas tout à fait la même chose Emmanuel! L'inverse de la nécessité (la contingence) n'est pas exclusive de la stabilité!
- Mais Quentin, cela revient au même ; la stabilité est éminemment improbable dans une contingence pure et dure?
- Ouiiii... Bien sur Emmanuel, dit Quentin, cela semble tenir la route, sauf que tu ne m'as pas bien écouté! Lorsque je te dis que les lois du mondes sont contingentes, je te dis aussi que les conditions de validité du calcul probabiliste sont contingentes!
- Je ne te comprends pas Quentin, tu admettras tout de même qu'il y a une invraisemblable coïncidence dans le fait que...
- Non Emmanuel, non, je ne l'admets pas! Si, en vertu de la contingence, un dé change a tout moment le nombre de ses faces, comment la calculeras-tu ta probabilité? Il y a des conditions derrière les lois de probabilité, des conditions de sens qui sont elles aussi des lois de la nature susceptibles d'être contingentes! Une probabilité est un rapport entre deux nombres, une fraction dont le nombre des possibilités est le dénominateur. Quel est le dénominateur lorsque la boule de billard devient un épagneul qui se métamorphose en edelweiss? En plus – et surtout – pour penser cette probabilité, il faut assumer la stabilité du principe d'équiprobabilité qui lui aussi est contingent! En d'autres mots, un raisonnement probabiliste est inconsistant dans un monde où toutes les lois sont (nécessairement) contingentes! Repense au dé dont le nombre de faces changerait et qui ensuite se transformerait en crapaud avant d'aller féconder les sirènes... Comment établiras-tu une probabilité dans ce genre de chaos? Dans cette situation penser en statisticien est aussi inconsistant que d'évaluer une stratégie du jeu d'échec avec les règles de l'orthographe thaïlandaise! C'est dire en d'autre mot qu'en stricte raison, la stabilité des lois n'est ni probable ni improbable. Elle n'est même pas du ressort de la raison. Il en est de cette stabilité exactement comme il en est de tes catégories de la connaissance, Emmanuel: elle est non démontrable... Simplement observable... Factuelle! Point, à la ligne! La nécessité de la contingence ris de la toute puissance des probabilités. Tu peux préférer la causalité à la nécessité de la contingence mais alors, pour lui donner quelque autorité, il faudra prêter allégeance à un dogme. Le régime factual peut te dispenser de cette allégeance... Pourquoi s'encombrerait-on d'un dogme inutile? Mets-toi bien en tête que chacun des monde possible est aussi possiblement durable voire éternel. Le possible mis en action par la factualité n'est pas une notion temporelle comme le possible de tes catégories.


QM, qui sort, semble-t-il, vainqueur par KO contre Kant est en droit maintenant, par l'usage de la méthode Vernes, d'énoncer une nouvelle figure de la factualité: la non totalisation du monde qui le libère radicalement de la toute puissance du calcul des probabilités. Bravo Quentin! Sous ta juridiction factuale, le dernier bastion du déterminisme s'effondre. Il n'y a plus à chercher les causes des loi car il n'y en a pas! Et logiquement, cela est parfaitement compatible avec la bulle de causalité qu'exige les savants pour faire tourner leurs machines (cf Armstrong déjà cité plus haut). Si l'on a bien compris que les sciences sont des corrélationismes, au sein de cette bulle, la non-contradiction, la causalité, le transcendantalisme et tout le tralala restent fonctionnels sans être nécessaires.


Il est bon de noter encore que QM a fait appel à la modélisation des infinis en mathématique pour nous expliquer qu'un monde non totalisable n'est pas un monde incompatible avec les sciences... Cela ne me semble pas utile dès qu'on fait la distinction entre le modal et le temporel. Les probabilités (comme la causalité) sont inscrites dans la temporalité, pas la factualité. Cette distinction des deux sphères symboliques suffit pour faire la lumière dans le cerveau d'une bonniche comme moi... Introduire Cantor, les transfinis et autres séries d'Aleph me semble d'autant moins utile qu'il y a plein de saletés subrepticement introduites dans la machine par cette intrusion. Entre les maths et le réel il y a trop de serpents.

***

Cela ne vous convainc pas? C'est parce que je le dis mal. Ouiiiiiii, ...je sais, cela a une forte odeur de "preuve ontologique" à la sauce cartésienne, voire même d'un nominalisme désuet... Mais quand même... Méditez et relisez "Après la Finitude" et cela finira par vous troubler. Moi, je crois encore (mais cela changera peut-être demain) que même si ces "figures" de la factualité de QM ressemblent furieusement à des sophismes, elles résistent relativement bien aux méditations plus pointilleuses ; la démarche factuale n'est pas farfelue. Pour démolir cela, il faut aller "très fort" comme renoncer à toute logique binaire, aux axiomes de la théorie des ensembles, ...ou accepter plus prosaïquement des dogmes (affirmations par définition non vérifiables).

 

Le principe de factualité

Attaquons maintenant le coeur du coeur: le principe de factualité. Toutes ces belles figures qui nous permettraient de penser le monde sans prêter allégeance à des dogmes n'ont de sens que si le principe de factualité est plus qu'un rêve, plus qu'un fantasme de poète théophobe. La factualité est-elle vraiment un absolu? Est-elle une vérité qui ne doit rien aux catégories de l'entendement?...


Pour QM la “nécessité-de-la-contingence-de-tout-sauf-de-la-contingence” s'impose d'elle-même un peu à la manière du principe de non-contradiction chez Aristote (cf. l'argument anhypothétique: si je veux détruire le principe de non-contradiction, je dois, pour ce faire, commencer par établir sa solidité puisque c'est ce principe qui donne les outils, le langage argumentaire, susceptible de le détruire). Pour affirmer que la contingence elle-même n'est pas nécessaire mais tout aussi contingente que le reste, alors je dois commencer par admettre que la contingence n'est pas contingente... Elle doit donc être nécessaire pour poursuivre mon projet démonstratif ce qui empêche la démonstration en cours d'élaboration d'aller plus avant! CQFD...


On a un peu l'impression d'être roulé dans la farine. Je laisse aux logiciens le soin de confirmer ou d'infirmer ce genre de démonstration. Je peux supposer par exemple que ce logicien nuancera l'autorité de l'argument en s'attaquant à la pertinence du choix des vérificateurs? Ou alors qu'il relativisera les prétentions d'une logique à deux valeurs de vérité (vrai-faux)? Ou que sais-je d'autre encore... Peu importe la méthode qu'il utilisera; la logique ne donnera jamais qu'une vérité conditionnée par un cadre axiomatique. Le logicien dispose peut-être d'une science susceptible de rabaisser le principe de factualité au rang d'une simple hypothèse d'école ni plus ni moins plausible que les très classiques affirmations dogmatiques... Mais, au risque de surprendre mon lecteur, je ne veux pas accorder trop d'importance au point de vue du logicien.


Oui, moi, femme de ménage chez les Meillassoux, je souscris à la thèse centrale de mon patron. J'accepte le principe de factualité même si d’aventure un logicien arrivait à me convaincre qu'il n'est qu'une hypothèse de travail au même titre que d'autres hypothèses. En bonne femme d'ouvrage, j'accorde beaucoup de crédit au simple bon sens. Or le simple bon sens, au XXIe siècle, n'est plus ce qu'il était. Dans ce monde désenchanté, farcé de “FHS” (Fiction-Hors-Science, par opposition à Science-fiction), dans ce monde pourri de virtualités dont les frontières avec la réalité ne sont carrément plus traçables, il semble aller de soi que tout pourrait être autrement.

Je suis certaine non seulement que le soleil cessera un jour de briller mais aussi qu'il pourrait bien cesser de briller dès demain, et qu'il pourrait aussi bien cesser d’influencer les trajectoires de ses planètes... L'annulation ou la transformation des lois naturelles... La mutation de la gravitation et de l'évolution darwinienne, l'annihilation des certitudes géométriques et du "streaming des temps"... Tout cela et bien d'autres choses encore, ce ne sont que petites bulles qui pourraient se dissoudre.


Je le dis ici solennellement au nom de toutes les diplômées “es bonniches” de la terre: j'accepte l'absoluité, le caractère indépassable, in-spatiotemporel du principe de factualité!

Mais moi j'ajoute que j'accepte le principe de factualité parce que cela nous oblige en retour d'accepter une castration du Chaos! Cela m'arrange plutôt, moi qui aime encore aller parfois brûler un cierge à sainte Rita lorsque rien ne va plus!


Un chaos castré par les figures de la factualité, un chaos qui fonde la non-contradiction! Ah Ah! C'est drôle non? Oui, oui, réfléchissez-y, c'est vraiment drôle. Un Chaos –avec majuscule s'il vous plaît!–, le Grand Dehors chaotique, qui est devenu susceptible d'assurer la pluralité des choses! Ah! Ah! Cela ne vous fait pas rire?

Avec nos conventions langagières de bonniche –en bonne philosophie de supérette donc– on pourrait carrément l'appeler “Logos” ce Grand Chaos-là!


"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu..." (Jn1,1 traduction TOB)

“Entête, lui, le logos et le logos, lui, pour Elohîms, et le logos, lui, Elohîms...” (Jn1,1 traduction Chouraki1).

"Aux origines, avant que rien n'existe, le Fils, expression de Dieu, était là. Il était face à face avec Dieu, étant lui–même Dieu..." (Jn 1,1 traduction "Parole Vivante"

Autres traductions TOB - Semeur - Jérusalem - Colombe - Segond - Chouraki - Osty - Deiss - yyy - zzz

 


Eh hop, on y est! Le quatrième Évangile et tout le tralala! Que le Chaos vous bénisse puisqu'il pourrait bien être en mesure de le faire! Ce Chaos-là est la racine de la logique, du langage, de la pluralité, de...


La contingence au prix de la castration du Chaos... Toute cette structure de significations semble cohérente. On pourrait établir un lexique des relations entre le régime factual et la grande tradition théologique.

Le “Grand Dehors” (notez bien les majuscules ici aussi!) et l'Altérité ineffable de Dieu...

Le Mystère reprend du poil de la bête qui "par" la factualité "avec" la factualité et "en" la factualité ne pourra plus jamais être ravalé au rang d'énigme. Le mystère chrétien qui distingue la personne de l'individu, l'inconnu de l'inconnaissable, la relation (ou la corrélation, eh oui!) de l'interaction, le visage de la parole, la relation sexuelle de la masturbation... La toute puissance et le charme inquiétant de l'imprévisible, oui, tout cela vit de l'absoluité de la factualité!

Et la Liberté surtout! (J'ai lu dans un dictionnaire de philosophie que le mot “contingence” est apparu dans le jargon savant en 1361, dans un contexte théologique où il s'agissait de concilier la libre création Divine et la liberté Humaine!). N'importe quel collégien est capable aujourd'hui de comprendre qu'il n'y a pas de vraie liberté sans une vraie rupture de la causalité, sans un domaine chaotique donc.

La liberté et sa maudite grande sœur, la responsabilité, toute l'éthique, viennent s'immiscer dans les ressources de la factualité...

Hors de la factualité pas de salut!

Il suffisait de débaptiser Dieu pour lui donner le nom de Chaos. Et voilà que l'homme comprend enfin que le vrai Dieu est un Dieu castré! Il a donné, il a abandonné les boules de sa puissance d'autrefois! Il n'est plus qu'un Dieu crucifié qui donne son impuissance pour l’émergence de l'altérité, pour l'émergence de tout ce qui n'est pas lui...

Oui, oui! On y est, QM a réhabilité la théologie rationnelle! Voilà pourquoi j'aime son livre même s'il a ses défauts.

Pourquoi renomme-t-il le “Logos” par le mot préalablement dénaturé de “Chaos”? Là, c'est Bernanos qui donne une réponse intéressante...

 

À suivre... car pas mal de problèmes restent sur le tapis. Il faudra aussi passer l'aspirateur...


paul yves wery – Chiangmai

  • Version 1.0 - Mars 2019
  • Version 2.0 - Mars 2019



 

    1. Premier commentaire de "Après la finitude" accessible en bas de page de la BD "Du Prozac et de l'Hélium"
    2. Deuxième commentaire accessible ici.
    3. Troisième commentaire accessible ici.
    4. Quatrième commentaire accessible ici.
    5. Cinquième commentaire accessible ici