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Version 1.05 - Mars 2018

La tendresse, la croix des contemplatifs...

Abstract: pouvoir se passer de tendresse est une forme de sagesse?...

Pour les fêtes de fin d'année, un monsieur qui habite Bangkok m'avait envoyé un mail banal qu'il envoyait à tous comme carte de voeux. Je réalisais alors que j'avais oublié de l'informer de l'engagement religieux que je prenais ces jours-là. Il a vaguement su que j'avais pensé me faire moine et puis que finalement j'avais changé d'avis. Nos conversations n'allaient jamais bien loin. Cet homme intelligent qui avait déjà reçu quelques gifles du destin me semblait de toute façon bien trop tracassé par la pérennité de son propre système identitaire que pour pouvoir vraiment s'ouvrir à l'étrangeté d'une âme aussi lointaine que la mienne. Je l'informais donc sobrement de ma nouvelle vie et ajoutais quand même que j'étais redevenu un homme heureux.

Il m'a répondu par un laconique message. J'y relevais bien sa griffe personnelle, avec cette pointe d'ironie commune à ce genre d'homme qui ne cherche plus pour agrémenter sa vie qu'à répéter les plaisirs qu'il a déjà connu. Accablé par le patronage d'une famille, il semble fondamentalement désabusé de tout. Il se réjouissait donc poliment de mon bonheur et ajoutait que c'était un incontestable privilège que d'être heureux dans un monde opprimé et ensanglanté de partout.

Sur le même ton, j'ai continué l'entretient en lui faisant remarquer qu'à bien y regarder, pour la toute grande majorité des hommes, ce n'est pas l'oeuvre des méchants et des tyrans qui rend malheureux. D'autre part, hélas, le malheur des autres n'affecte la joie que de quelques marginaux et laisser croire que notre tristesse vient de l'état du monde n'est le plus souvent qu'une sinistre mascarade. Même la pauvreté, après scrupuleuse analyse sur le terrain, ne me semble pas être une cause déterminante de la tristesse.

Enfin, pour approfondir le paradoxe avec cette pointe de cynisme que le ton de ce dialogue réclamait, j'ajoutais qu'en ce qui me concerne, j'allais bientôt admettre que mon bonheur était surtout et avant tout redevable au fait de pouvoir sans trop de dommage me passer de tendresse.

La répartie vint tout de suite: s'il en était ainsi, m'écrivait-il (cette fois sans ironie, mais avec peut-être une pointe d'incrédulité), j'étais vraiment sur le chemin de l'Eveil.

***

Je crois que derrière l'insupportable futilité de ce dialogue mondain et politiquement corrects entre deux âmes écorchées, il n'y a rien de moins que la démystification du mal et le germe de la sagesse (qui n'est pas la sainteté). Pardonnez-moi l'orgueilleuse prétention d'une telle affirmation mais enfin, puis-je taire que la rareté de la vraie compassion est l'un des plus grands drames du monde, que la soif de tendresse est l'inavouable coeur sinon de l'égoïsme au moins de la tristesse des meilleurs d'entre nous, et que le peu de notre compassion gémit et se meurt sous les coups de cet égoïsme et de cette tristesse?

Ici la tendresse me manque tellement que l'obsession de sa conquête m'empêche de voir le malheur de tous ceux qui ne sont pas susceptibles d'en partager un peu avec moi. Je deviens alors semblable à cette adolescente mal dans sa peau et totalement indifférente au malheur du monde qui cherche son double pour fonder sa future famille... Au diable ce peuple misérable qui vit en face du balcon ou aux confins de la terre! Au mieux, je fais la queue devant la porte du service de pédiatrie sous les habits d'une dame patronnesse... Au diable ce vieil inconnu qui pue et ne radote que des méchancetés à l'étage d'en dessous ! Sans tendresse en retour, je ne donne rien, je vends!

Là, la tendresse familiale qui a pu germer est devenue une telle obsession que j'évite tout ce qui pourrait m'écarter de mon foyer: le but de ma vie n'est plus que la quiétude et la pérennité de mon cocon! Et me voilà alors devenu un de ces misérables qui a bâti un mur autour du jardin. Au diable les impudiques qui attaquent l'ignorance de ma sphère! Je signe la pétition qui circule pour réclamer des mesures sécuritaires plus strictes!
La tendresse est fille de Philia et d'Eros. Qui peut se libérer des lois de la tendresse? Qui peut se nourrir exclusivement des lumineuses béatitudes d'Agapê?

La tendresse est la source vive du vice. Si je m'affecte d'en manquer ou si, au contraire, je la possède déjà et la protège par d'excessives attentions ou de trop de jalouses prérogatives, je me retrouve accablé de sottise, d'aveuglement, d'égoïsme ...voire de mélancolie.

 

***

Les moines, les damnés des causes perdues d'avance, les militants des causes lointaines et autres ouvriers des idéaux surhumains, ...tous ceux-là qui, comme moi , décident un jour de défier cette tendresse et l'ordre de sa sphère pour pouvoir se consacrer corps et âme à d'autres guerres, arrivent-ils vraiment à se contenter des biscuits secs d'Agapê? Ne se nourrissent-ils pas bien plus souvent de faux-semblants? Pour l'un l'étude de la Bible. Pour l'autre la pratique d'un site militant. Pour le troisième une retraite philosophique dans un jardin. Pour le quatrième une posture spirituelle sur un pic de l'Himalaya, pour le cinquième la gestation d'un très hypothétique chef-d'oeuvre qui se cherche encore... En un mot, leurs idéaux prétendus sublimes ne les conduisent-ils pas finalement jusqu'à l'inconséquence et la stérilité?

À côté d'une sosotte frustrée de tendresse qui se passionne pour un gamin perplexe qui, lui a-t-on dit, n'est pas aimé, un vieil incontinent pue et gémit de solitude. Il se meurt sans mots et sans soins. De ce vieux, par ordre de la nature, elle est, comme moi-même, hélas, viscéralement incapable d'accepter le moindre signe de tendresse. Ce vieux est repoussant... Mais il vit trop près de tous les ermitages, de tous les ateliers, de toutes les tribunes inter mondialistes, de tous les cloîtres pour que nous puissions ignorer son existence. Et nous laissons quand même le vieux puer seul...

Il n'est pas facile de se dépêtrer de la tyrannie d'Éros et de Philia, même si c'est au nom d'une quête sublime. Il n'est pas facile de quitter la chaleur égoïste des familles ou de ce qui en tient lieu. Et Agapê d'autre part, contre nos pieuses intentions ne nous concédera qu'un maigre coupe-faim.

Les âmes comme la mienne savent qu'elles frôlent l'inanition et l'indécence; leur bonheur pourrait en une seconde apparaître comme un malheur absolu. La lucidité n'est pas un cadeau et s'il n'y avait en moi, encore plus forte que la mauvaise conscience, la certitude d'un devoir particulier venant de Dieu, vide de joie, je crèverais de désespoir comme je crevais de dégoût, à petit feu, de ma fonction charitable au mouroir de Lopburi. Agapê paye mal ou paye avec une devise qui n'a pas cours en nos sphères.

 

Chiangmai, janvier 2009

Version 1.02 - Juin 2009

Version 1.03 - Janvier 2010

Version 1.04 - Mars 2011

Version 1.05 - Mars 2018


Addenda (2018)...

Note 1

Il y a quelque chose d'étrange dans la tendresse: j'ai remarqué que demander de la tendresse c'est toujours déjà en donner en peu, et donc, d'une certaine manière, forcer la relation. Pour demander ce type de relation, j'entre unilatéralement dans un jeu qui implique déjà l'autre sans même attendre son approbation et ce côté invasif peut parfois le mettre mal à l'aise. C'est typiquement, l'enfant qui se cale contre mon corps pour recevoir un câlin... Demander de la tendresse, ce n'est pas comme demander à pouvoir donner ou recevoir telle ou telle caresse particulière au cours d'une relation sexuelle. C'est comme demander à toucher en posant déjà sa main sur le corps de l'autre. La nuance est infime et je me défends d'être un de ces obsédés sexuels qui se considèrent violés par un contact inattendu d'une main affamée. Ce que j'essaye de dire, c'est que si la tendresse possède des déterminants qui la distinguent clairement de la sexualité – ce que, passé un certain âge, nous devrions tous savoir – en demander c'est malgré tout toujours entrer un peu dans la sphère Erossienne. Lorsque je demande de la tendresse à quelqu'un, je ne me m'intéresse pas tant à son mystère qu'à ce que je sais déjà d'elle. Pour en demander, j'en donne déjà indépendamment de ce qu'elle est, de ce qu'elle désire, de sa bonne ou de sa mauvaise volonté... L'enjeu du câlin et de ce qui lui ressemble n'est pas la pérennité. L'aimé, confronté à cette intrusion érossienne, va donc parfois devoir répondre en traçant des frontières.

Celui qui, par bonne volonté plus que par affinité élective, accepte alors de donner ce qui lui est demandé, peut vivre un problème que connaît très bien la prostituée qui doit gérer un client amoureux : « OK, je te donne un peu de tendresse, par générosité, par pitié... Mais sache tout de même que je n'éprouve pas autre chose que de l'Agapé vis-à-vis de toi ; c'est par gentillesse que je te rends de la tendresse, pas par intérêt ni parce que tu ferais partie de ceux que mon cœur, mon corps ou ma raison a élus. » La mise au clair des limites par l'aimé peut être tellement précise que la tendresse consentie alors peut devenir plus blessante que son absence...

Ce côté invasif d'une demande de tendresse rend la démarche compliquée lorsqu'on n'est ni un enfant ni un chat... Cette difficulté est aggravée par sa visibilité ; la très faible dose de tendresse investie dans une requête est quasi toujours perceptible par un tiers attentif. La conjonction de la visibilité et du caractère « érossien » de la tendresse fait qu'elle devient facilement le lieu de spéculations, la source d'ouï-dire et de malentendus dans une communauté. C'est peut-être à cause de ce travers qu'elle manque tant sur la terre, ...alors que, fondamentalement, comme la sexualité, elle plaît à tout le monde ! Cette visibilité peut être une compromission sociale.

Concrètement, si j'échange de la tendresse avec mon fils, avec un mourant, avec mon chat, pas de problème... Mais si je commence à en trafiquer régulièrement avec l'adolescent du voisin, les rumeurs iront bon train. Il est d'ailleurs probable que cet adolescent-là, qui est comme tous les adolescents de la terre très soucieux de son image sociale, tentera de freiner le jeu, même s'il m'aime sincèrement. C'est tout simplement parce qu'il ne veut pas être identifié comme un pédé, un impudique, un complice, ou que sais-je d'autre encore par les tiers... Avant d'avoir été moi-même enfermé, j'ai été pendant des années, un visiteur de prison. Et là, la prudence de l'adolescent que je viens de décrire, prend un caractère quasi liturgique, que ce soit entre le visiteur et le prisonnier ou entre les prisonniers au préau. Dans ces communautés incultes, grossières, primitives que peuvent être les prisons, jouer avec la tendresse c'est marcher sur des œufs... Par la violence du rejet de toute forme de tendresse, le visiteur peu averti aux rudes réalités de ce monde, pourrait penser qu'il est plongé dans un univers de haine alors qu'il n'y a que prudence, crainte, fragilité, ...et frustration de tendresse ! Les enseignants aussi connaissent la chanson. Le problème est le même dans les classes entre les profs et les élèves ou entre les élèves. Le problème se retrouve dans tous ces lieux qui par nature ou par accident rassemblent des gens fragilisés par l'une ou l'autre forme d'immaturité.

Note 2

S'il n'y a pas de tendresse sans amour, il y a de l'amour sans tendresse.
Il y a des grands amis qui n'échangent aucune tendresse. Parfois aussi, les échanges sont très asymétriques au sein d'une relation qui est pourtant, aux racines, très forte (une mère avec son fils, un homme avec sa femme, deux amis...). Et puisque les échanges de tendresses sont toujours perceptibles par les tiers attentifs, chacun de nous a pu observer, ici ou là, l'un de ces couples où l'avarice en tendresse d'une des parties est vécue par l'autre comme un glaçon dans un verre de porto. Il me reste alors à remarquer qu'en cette occurrence, le glaçon n'est parfois ni une ingratitude, ni une inconséquence. Il n'est même pas nécessairement une erreur de goût. Il est le signe de l'usage d'une liberté que l'amour sous ses trois formes laisse à la discrétion des aimés. Refuser sciemment le déploiement de la tendresse peut d'ailleurs donner à la relation un côté « viril » qui ne fait pas que la dévaluer.

Note 3

La tendresse, assez paradoxalement, effraie plus les hommes que les femmes alors que les hommes font plus souvent que les femmes profession de vaincre leurs peurs. Peur de quoi ? Peur de n'être pas bien conformé à l'une ou l'autre norme communautaire ? Oui, je viens de l'évoquer. Pour un l'homme, c'est surtout la peur de montrer trop explicitement la part dite « féminine » qui l'habite et qui, par une perversion sociétale serait considérée comme dégradante pour sa masculinité.
Mais dans cette peur, il peut y avoir bien plus qu'un problème de « look ». La tendresse investit des lieux de l'intériorité qui ne sont pas nécessairement solides assez pour qu'elle y soit la bienvenue. Pour qu'elle soit bien accueillie, il est toujours préférable par exemple que la distinction catégorielle entre la sphère sexuelle et celle de la tendresse soit bien établie. Pour l'enfant, peu importe ; cette confusion fait partie de sa nature et le monde des adultes s'en est parfaitement accommodé. Mais dès la sortie de l'enfance, si cette distinction n'est pas encore très claire, la tendresse, quoique non sexuelle, peut allumer des angoisses typiquement sexuelles. La tendresse peut alors être l'occasion d'un de ces malaises que Freud classait globalement sous le générique des « angoisses de castration » et qui sont inhérents à toute pratique sexuelle, surtout si l'expérience sexuelle vient tardivement dans la vie (ce problème qui accable tant les vieux puceaux et les vieilles filles...). La tendresse peut donc devenir ici l'occasion d'un blocage psychologique (et non social). Pour moi par exemple, si la tendresse pose souvent problème, ce serait bien parce qu'elle me donne la frousse d'être entraîné dans un nouveau « piège maternel ». J'ai trop souffert d'avoir une mère dévorante, possessive... Mais laissons ici l'inceste et la castration ; ce sont des sujets ennuyeux et surinvestit pas les psychologues de supérette.

Note 4

J'ai osé écrire en 2009 que la vie spirituelle n'est pas pourvoyeuse de tendresse, ou si peu... Le culte d'une quelconque « déesse Mère » n'arrive à éluder cette rugosité qu'en nous compromettant dans l'une ou l'autre forme d'idolâtrie érossienne. Moi, paul yves wery, j'ai tendance à penser aujourd'hui que ce que l'expérience spirituelle nous offre, c'est moins de la tendresse que la capacité de vivre sans elle. J'ai osé écrire que Agapè, le plus souvent, ne nous donne à manger que des biscuits secs qui nous laissent affamés. Or, pour un chrétien, c'est Agapè qui est le grand maître de la spiritualité (c'est moins vrai pour le Bouddhisme ou l'Islam évidemment). Manifestement, c'est sous le mode déceptif, voire coûteux, que Jésus, en troisième intention, concède à Pierre un « Philéia » en lieu et place d'un « Agapè » ! (Jn21,17)
Cette avarice, cette frigidité plutôt, du christianisme, m'a fait mal parfois... Heureusement, la vie sexuelle m'a donné mille occasions de rééquilibrer cet effet pervers de mon engagement spirituel. J'ai toute ma vie durant, après l'orgasme surtout, pu vivre des expériences de tendresse extrêmement fortes.

Par bonheur je ne suis pas sujet au « post coitum animal tristes » ; lorsque l'acte sexuel se termine et que les corps enrichis par de bonnes doses d'endorphines se touchent encore, se parlent sans être énervés par le désir, la sphère de la relation s'élargit et la tendresse peut y prendre un essor magnifique. Il n'y a probablement que l'expérience de la maternité et plus généralement, la relation à l'enfant, qui puisse rivaliser avec ce cadeau du « post coitum ».

Que je ne me fasse pas mal comprendre ; je ne fais pas de la compatibilité charnelle, ni de l'élection phileique une condition de la tendresse. Je dis simplement que la sexualité pure et dure, la conjugalité, la famille, l'esprit de l'enfance et l'amitié sont maîtres sur ce terrain, où l'Agapè et la spiritualité chrétienne en général font pauvres figures. Il va de soi que j'ai vécu des moments de tendresse avec des mourants, avec des laideronnes, avec des chats ou des chiens inconnus... Il y a de la tendresse qui s'échange dans les relations non électives, mais tellement peu que je n'y ai jamais trouvé ce que je pourrais appeler un salaire. Je n'ai l'altitude ni de la petite Thérèse, ni de la grande. Les temps forts de l'Expérience spirituelle pourvoient beaucoup de tendresse mais ils sont tellement rares !
Je le dis et le répète, pour moi, la spiritualité n'offre que peu de tendresse mais elle m'offre, peut-être, de ne pas trop en souffrir.

Note 5

Le nerf de la tendresse ce n'est pas l'amour qui n'est qu'une de ses conditions. Ni Éros, ni Philiea, ni Agapè ne l'exigent (alors même que chacune de ces trois formes de l'amour, même dans les états les plus purifiés qu'on puisse imaginer, s'en accommode très bien !). Où diable est le déterminant qui fait de la tendresse ce qu'elle est. Où est le déterminant qui la rend repérable en une seconde par hommes et bêtes?
Je n'ai pas trouvé la formule.
Bah !...Une définition exhaustive n'est pas nécessaire ; la tendresse n'en sera ni plus ni moins opérationnelle. J'insiste juste sur le fait que l'étymologie donne déjà une bonne partie de la réponse. Je pense, j'écris et je dis la tendresse d'abord avec le mot "tendre"... le contraire de "dur"... Ce tendre, au contraire d'une armure, résiste en souplesse aux pressions de l'extérieur. Parfois, comme un sein peut le faire, elle résiste en emballant très légèrement la source de la pression... La tendresse est un floutage de frontières. J'aime donc faire valoir combien la tendresse est sœur de la fragilité, ce lieu où l'identité peut se rompre, se déchirer. La figure emblématique c'est la mère avec son bébé ; on pourrait effacer ces deux-là d'un coup de canif ! On n'a pas envie de les effacer parce que la tendresse est un luxe agréable, comme ce parfum de Béthanie que le Christ a accepté malgré les pauvres en face du balcon...
J'ai parlé de tendresse dans l'amour, j'ai évoqué la tendresse avec les chats, ces cruels prédateurs qui s'abandonnent parfois entre nos mains... Il y a aussi la tendresse des plantes. La reine des fleurs tendres, ce n'est pas la rose mais le coquelicot qui nous dit toujours très doucement : « Viens consommer ma beauté, viens m'offrir la chaleur de ton regard et même celle de ton haleine, admire l'articulation de mes pétales et la pubescence d'or sur ma tige... Mais ne me touche pas ; je n'ai pas la résistance de la rose et j'en mourrais aussitôt ! »

paul yves wery – chiangmai – mai 2018

 

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