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A la mémoire de mon ami Jacques, moine
à l'abbaye de Rochefort. Il fut mon premier
"gourou"... Et lui, il savait faire rire !











































   A suivre...

 paul yves wery - Chiangmai

Version 1.0, février 2017

version 1.02, avril 2017

 

Autres épisodes

Livre 1..................L'Expérience

Livre 5..... ...Le sel de Diogène

Livre 6 Du prozac et de l'hélium

Livre 7.....................La patience

 

 Citations sculpturales de cette BD:


"L'enfer, c'est les autres"


paul yves wery -enfer c'est les autres


paul yves wery -enfer c'est les autres


paul yves wery -enfer c'est les autres


 (Autres statues...)


Le texte du théologien Panikkar (que Christophe à oublié de demander...)


(Sur la personne vs l'individu... A partir de la page 111

dans "l'Eloge du Simple" Albin Michel)


"...Par individu, j'entends le résultat du processus de définition d'une partie localisable et utile de l'être humain, généralement coextensive de son corps matériel. L'individu est le résultat d'une coupe pragmatique faite à travers un tissu de relations constitutives de l'être humain, avec pour objet de créer un sujet opérationnel pratique. L'individu est une abstraction au sens précis du terme. Il abstrait tout ce qui fait que l'homme est un être complexe et manipulable. Un individu est une entité manipulable aux limites bien définies. Il est une pièce identifiable, isolée. Il répond à un « document d'identité » (appelé de façon erronée d'« identité ») et il porte un numéro de Sécurité sociale. L'individu est l'atome humain. Mais les hommes ne sont pas des atomes… et les atomes non plus, d'ailleurs, car l'indivisible n'existe pas.

La personne, en revanche, comprend tout le tissu complexe des relations constitutives de l'homme sans plus de limites (p112) que celles qui apparaissent spontanément dans chaque cas. Le je n'est une personne que lorsqu'il s'isole : le tu est nécessaire précisément pour qu'il y ait un je. Et vice versa. D'autre part, les deux nécessitent un champ d'action conditionné par une tierce personne, même si celle-ci est une chose. Et tout cela se passe non seulement au singulier, mais également au pluriel. Le nous, vous et ils appartiennent de la même manière à la personne, qui dans son intégrité n'est ni singulière, ni plurielle, ni féminine, ni masculine, ni neutre. Le genre de la personne est ce qui est utrumque (l'un et l'autre). Il comprend tout ce que nous sommes réellement parce que nous participons de lui sans l'obsession de la propriété privée ou d'une position exclusive. La personne peut atteindre les limites mêmes de la réalité ; elle les atteint là où nous sommes de fait, quand ce fait d'être est authentique, c'est-à-dire quand il s'agit du lieu (demeure) véritable de notre être. La personne est là où elle se trouve. Il y a une personne là où elle est : dans son Dasein. La personnalité se mesure précisément aux limites différen­ciatrices de la demeure de chaque individu. « Sois attentif au lieu où tu te trouves » est une expression zen bien connue. L'homme isolé n'a pas de personnalité, il est plongé en lui-même, tandis que le bodhisattva ou le saint possède une personnalité qui parvient à tous les endroits où son action résonne, car il a mis son cœur en elle, jusqu'à atteindre les limites de l'univers. L'idéal monastique ne cherche pas le perfectionnement égoïste (c'est-à-dire celui de l'individu), mais il met le sens de sa vie dans le progrès de la personne entière, qui rejaillit ensuite sur l'ensemble de la réalité. La spiritualité monastique ne tend pas à réformer le monde par une action directe sur lui, mais à réformer l'homme, avec la conviction qu'une telle réforme n'affecte pas seulement son individualité égoïste, mais aussi la totalité de sa personne, qui d'une part reflète toute la réalité, et d'autre part influe sur elle. C'est en cela que réside la différence avec d'autres formes de spiritualité.

(P113) L'accent est mis ici sur la personne humaine, et non sur la réforme des structures sociales, matérielles voire intellectuelles.

Le moine traditionnel pouvait atteindre cela sans grandes difficultés, car le sens de l'individualisme n'était pas aussi développé qu'aujourd'hui. La plénitude de la personne se trouvait dans le sangha, dans la communauté, le corps du Christ, l'Église, la totalité.

Voilà un trait bien caractéristique du monachisme tradi­tionnel : la personne est la communauté, même s'il s'agit seulement d'un moine solitaire. Le monastère est plus qu'une famille au sens sociologique du terme. Le monastère est la personne complète. Le sangha est un des trois joyaux de la vie, il est nécessaire pour atteindre la libération. Les liens entre les membres du sangha sont plus forts et intimes que les liens du sang. La relation gurucela, le lien entre maître et disciple, est le lien le plus fort qui puisse exister. L'abbé est abba, c'est-à-dire, le père ; le sangha est un samskara ; la communauté monastique est un sacrement. Comme dans les sociétés traditionnelles, les époux ne se choisissent pas l'un l'autre, mais sont choisis, les membres du matha ou monastère sont également liés l'un à l'autre par une sorte de lien onto­logique. La vie monastique est plus qu'une simple commu­nauté sociale, plus qu'une simple association pour atteindre certains objectifs. C'est seulement lorsque les limites de ma personne coïncident avec les limites de mon monde total, que je peux véritablement alors me tenir seul, complètement seul comme un ermite solitaire, comme un muni, en silence et dans la solitude.

Il existe une différence fondamentale entre, d'une part, la koinônia du monastère, la fraternité du sangha (ou même, en termes plus généraux, entre l'appartenance au dharmakaya, au buddhakaya, ou au corps du Christ) et, d'autre part, la par­ticipation à n'importe quelle association. La différence de À l'extérieur est assez claire. Tandis que cette dernière apparffl tenante nous relie mutuellement autour de la réalisation d’un (p 114) objectif partiel de la vie humaine (santé, éducation, bien-être, politique, etc.), la première prétend posséder un caractère holistique qui comprend la totalité de l'être humain dans son but premier, la perfection, le salut, la libération. Mais la différence interne est plus subtile et dépend précisément du degré d'abandon et de confiance (foi) de la personne en question. Dans le fait d'appartenir à l'ecclesia, à l' umma, au matha, il ne s'agit pas de faire quelque chose de spécial, mais d'être, et être (parfaitement) ce que (je crois que) je suis supposé être. C'est une relation naturelle, tandis que l'autre est une relation technique. Dans le lien avec une association ordinaire, nous sommes des parties individuelles et nous pouvons entrer et sortir sans causer de dégâts fondamentaux à notre être ou à l'association correspondante. Nous faisons partie de la machine et cette part peut être remplacée par un autre individu. Nous sommes simplement membres d'une organisation. Ce n'est pas la même chose avec une commu­nauté religieuse de type monastique. Je ne suis pas seulement une pars in toto mais aussi une pars pro toto. Je suis unique et indispensable. Les moines avec lesquels j'ai vécu récemment dans un monastère tibétain ne comprendraient pas que quel­qu'un « entre dans un monastère ». On n'entre pas dans une famille, on est né en son sein. La totalité a la priorité sur les parties. Si je m'en vais, je tue mon propre être et je cause un mal irréparable à l'ecclesia, au sangha. Pour moi, ce serait l'enfer, et pour l'organisme une blessure inguérissable. La main ne peut pas vivre séparée du corps et elle ne peut être remplacée par l'oeil, bien qu'en temps voulu il puisse y avoir une régénération (kalpas et la loi du karma) et une réconci­liation (pardon et rédemption). La fameuse phrase extra eccle­siam nulla salus (hors du sangha, du buddhakaya, du dhar­makaya, de l'Église... point de salut) est une caractéristique essentielle de la communion des saints. Qu'un groupe par­ticulier réclame le monopole de cette ecclesia et cherche à préciser ses limites est une autre question. En ce qui concerne (p115) la communauté hors de laquelle il n'est point de salut, il est normal qu'elle ne puisse constituer une organisation. Elle doit être un sacrement, un samskara, un mystère. En brûlant son passeport, on peut renoncer à l'État (et à sa protection ou à son oppression), mais cet acte n'occulte ni la langue ni la nation.

Le moine va à la découverte de ses racines dans la réalité totale. Sa fidélité se manifeste envers le tout, envers la terre, comme nous l'avons dit, pour souligner le fait que ce n'est pas seulement à l'humanité qu'il est relié ontologiquement. Etre une personne signifie être le centre vital de la réalité dans sa totalité.

Le principe du simple se présente ici de façon particulière. Il implique de se défaire de la complexité de l'individu en faveur de la simplicité de la personne. Un individu est un système fermé. Ses limites sont bien définies. Le mien et le tien ne peuvent être mélangés. Une personne est un système ouvert. Ses limites dépendent entièrement du pouvoir de son centre. La personne est un univers en expansion. Il n'est pas nécessaire de garder quoi que ce soit pour soi, parce que le soi réel n'est pas une substance privée qui nous appartienne.

Actuellement, nous sommes les témoins d'un changement anthropologique qui touche à la perception des limites de l'être personnel. Les nouvelles limites se réfèrent autant à une certaine conception de l'absolu qu'au monde qui entoure la personne. La conscience monastique est en train de s'univer­saliser grâce au fait qu'elle se fonde sur ce qui est spécifi­quement monastique, donnant ainsi à l'état monacal la priorité sur les véhicules historiques d'appartenance à une nation, à une race ou à une religion. Les moines bouddhistes et chrétiens, par exemple, quand ils partagent une expérience monastiqu ne ressentent pas comme un obstacle le fait d'apparte... Etc. Etc...."



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