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<p class="rougemaigre centre">La R&eacute;surrection</p> <blockquote> <p class="petit">Abstract: La R&eacute;surrection du Christ et la promesse de notre propre r&eacute;surrection ne nous dispense pas de mourir. Dans le christiansme, les mots &quot;corps&quot;, &quot;pr&eacute;sence&quot;, &quot;identit&eacute;&quot;, &quot;singularit&eacute;&quot;, &quot;vie&quot;, &quot;mort&quot; et autre &quot;&eacute;ternit&eacute;&quot; ne correspondent pas exactement aux m&ecirc;mes mots lorsqu'ils sont utilis&eacute;s par les m&eacute;decins ou les administrations civiles.</p> </blockquote> <div class="just"> <p >Pour lire les textes &eacute;vang&eacute;liques sur la R&eacute;surrection, <a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-resurrection.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">cliquez ic</a>i. </p> <p class="vertmaigre" ><span class="rougemaigre">1- Des failles dans les r&eacute;cits..</span>.</p> <p>S'il y a une &eacute;ternit&eacute; &agrave; laquelle nous ayons part, il ne faudrait pas croire qu'elle puisse nous dispenser de mourir m&eacute;dicalement. Le <a href="rel-exeg-prologue.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Prologue johannique</a> nous mettait en garde: pour parler de ces choses-l&agrave;, il faut pr&eacute;alablement plier notre langage aux exigences d'une nouvelle mani&egrave;re d'appr&eacute;hender le r&eacute;el. Si nous n'entrons pas dans une nouvelle mani&egrave;re de distinguer la diversit&eacute; des choses dans le magma du r&eacute;el et si nous ne nous effor&ccedil;ons pas ensuite d'<a href="../rel-bud/rel-bud-symbole%20et%20langage.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">adapter</a> notre langage &agrave; cette nouvelle mani&egrave;re de distinguer l'un de l'autre, tout devient mauvaise fable, croyance infantile, incoh&eacute;rence et na&iuml;vet&eacute;. </p> <p>Quelles sont ces &laquo;choses&raquo; dont les fronti&egrave;res ont boug&eacute; sous la couverture des mots? Rien de moins que ce qu'on appelle 'la vie', 'l'identit&eacute;', 'la chair'... </p> <p>Je pense que le tombeau n'aurait pas &eacute;t&eacute; vide que cela ne remettait pas en cause l'essentiel: la R&eacute;surrection du Christ a bien eu lieu. Mais, si je n'y avais d'abord &eacute;t&eacute; conduit par une histoire de tombeau vide, aurais-je pu d&eacute;placer la question d'une mort 'm&eacute;dicale' vers la question de la Pr&eacute;sence d'une personne qu'on venait d'ex&eacute;cuter? Une pr&eacute;sence, &agrave; bien y regarder, est une question autrement plus difficile et s&eacute;rieuse que la question d'une absence! </p> <p>Pour un p&eacute;dagogue, il en va de la spiritualit&eacute; comme de la g&eacute;om&eacute;trie par exemple; aurions-nous oubli&eacute; que pendant notre enfance nos instituteurs nous disaient avec dessins &agrave; l'appui que par un point quelconque, il ne passe qu'une et une seule perpendiculaire &agrave; une droite? Aurais-je pu relever le niveau de mon intelligence g&eacute;om&eacute;trique sans commencer par entendre cette affirmation d'Euclide? <a href="rel-exeg-resurrection-bul-rieman.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Riemann et ses espaces courbes</a>, c'est bien beau, mais c'est pour les &acirc;mes compliqu&eacute;es et adultes. Pourtant, apr&egrave;s coup, pour ces &acirc;mes compliqu&eacute;es devenues adultes, que reste-t-il du point et de la perpendiculaire d'Euclide sinon une figure d'&eacute;cole voire une simple approximation des r&eacute;alit&eacute;s topologiques du cosmos? </p> <p>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, priv&eacute; d'une perspective langagi&egrave;re ad&eacute;quate les trois premiers &eacute;vang&eacute;listes se sont sentis tr&egrave;s d&eacute;munis pour verbaliser cette Pr&eacute;sence du Ressuscit&eacute;. Ils n'ont jamais vraiment pu prendre une distance critique par rapport au langage dont ils faisaient usage. En cons&eacute;quence ils sont tomb&eacute;s dans de bizarres contradictions: d'une part ils proclament la R&eacute;surrection pour donner du sens &agrave; tout, mais d'autre part, lorsqu'il s'agit de parler explicitement de cette R&eacute;surrection, il se <a href="rel-exeg-resurrection-bul-preuvresurprimit.htm" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">taisent</a> ou peu s'en faut. </p> <p>Matthieu et Marc liquident l'affaire en quelques phrases pleines d'incompl&eacute;tudes. En un mot, ils font de la R&eacute;surrection une 'histoire de bonne femme' et l'on comprendra la fragilit&eacute; de cette forme de pr&eacute;sentation lorsqu'on sait ce que peuvent signifier les 'bonnes femmes' &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les<a href="../rel-spir/rel-spirit-genre.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')"> questions du genre</a> sont encore totalement inf&eacute;od&eacute;es &agrave; des instincts primitifs. Matthieu et Marc voulaient bien s&ucirc;r &eacute;chapper &agrave; cette critique, mais avec leurs moyens langagiers, des radotages de 'bonshommes' &agrave; propos de la R&eacute;surrection auraient &eacute;t&eacute; encore plus incongrus. A cette &eacute;poque, simplement observer le rayonnement de l'Eglise prouvait bien plus la R&eacute;surrection que lire des t&eacute;moignages. Matthieu et Marc pr&eacute;f&egrave;rent donc limiter la casse et ils abr&egrave;gent le r&eacute;cit des apparitions du Christ autant qu'abr&eacute;ger se peut! </p> <p><a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-resurrection.htm#mt" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Une page</a> r&egrave;gle l'affaire chez Matthieu. <a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-resurrection.htm#mc" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">deux</a> chez Marc. Et leurs laconiques r&eacute;cits, malgr&eacute; cette bri&egrave;vet&eacute;, ne sont pas exempts de d&eacute;tails embarrassants! </p> <ul> <li class="vertmaigre">&laquo;<em>...D&egrave;s qu'ils l'aper&ccedil;urent, ils l'ador&egrave;rent. Quelques-uns cependant eurent des doutes...&raquo;</em> (Mt28,17) </li> <li><span class="vertmaigre">&laquo;<em>...Apr&egrave;s cela, il se montra sous une autre forme &agrave;...&raquo; (Mc16,12) </em></span> </li> </ul> <p>Le &laquo;<em class="vertmaigre">...eurent des doutes...&raquo;</em> de Matthieu ou le &laquo;<em class="vertmaigre">...sous une autre forme...&raquo;</em> de Marc sont embl&eacute;matiques; qu'auraient-ils &agrave; dire cela si la chair du Christ n'&eacute;tait de la chair que dans le sens m&eacute;dical du mot? Et puis c'est quoi ce '<span class="vertmaigre">...une autre forme...</span>'? On n'a jamais entendu une telle expression pour parler d'un homme vivant, pas m&ecirc;me lorsqu'il s'agit d'un miracul&eacute;! Faudrait-il entendre que le Christ Ressuscit&eacute; n'&eacute;tait plus un homme? Se retrouverait-on dans une histoire de transmigration d'&acirc;me? La R&eacute;surrection ne serait-elle qu'une variation de plus sur le th&egrave;me des avatars et des spectres dont toutes les mythologies nous gavent depuis la nuit des temps? </p> <p align="center">*</p> <p>Et Luc? Luc est un peu <a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-resurrection.htm#lc" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">plus loquasse</a>. Lui ose affronter plus directement la diff&eacute;rence entre J&eacute;sus et le Christ ressuscit&eacute;. Mais chez lui, la R&eacute;surrection de la chair devient presque explicitement une affaire de fant&ocirc;mes! Il essaye bien s&ucirc;r de pr&eacute;venir ce malentendu; le 'fant&ocirc;me' lui-m&ecirc;me essaye de convaincre son auditoire qu'il n'en est pas un et, puisqu'il est entendu qu'un fant&ocirc;mes ne mange pas, Luc met le Christ &agrave; table. Malgr&eacute; toute sa bonne volont&eacute;, Luc est sp&eacute;cieux. C'est trop conjectural et c'est m&ecirc;me franchement &eacute;sot&eacute;rique; on est pass&eacute; du 'radotage de bonne femme' &agrave; la r&eacute;union des 'petites vieilles' autour d'une table tournante: son Christ qui clignote aux tables d'Emma&uuml;s et de J&eacute;rusalem n'est plus vraiment un homme.</p> <blockquote> <p class="turquoisemaigre">Sous la plume de Luc, que Luc le veuille ou non, le Christ ressuscit&eacute; ne vit pas sous les r&egrave;gles corporelles du J&eacute;sus d'autrefois. Son corps ne correspond plus &agrave; ce que toutes les conventions langagi&egrave;res de son &eacute;poque (et de la n&ocirc;tre) entendent part le mot &laquo;corps&raquo;. Luc n'arrive donc pas plus que Matthieu et Marc &agrave; mettre son propre langage en perspective. Cela donne &agrave; son texte des bizarreries embarrassantes dont souffrent tous les cin&eacute;astes et dessinateurs de bandes dessin&eacute;es lorsqu'ils veulent par exemple, raconter l'&eacute;pisode d'Emma&uuml;s. Ces artistes-l&agrave; savent que le risque est &eacute;norme de passer du genre spirituel au genre fantastique... ce qui serait sinon une catastrophe au moins un &eacute;chec professionnel. </p> <ul> <li>&laquo;<span class="vertmaigre">...Mais <strong>leurs yeux &eacute;taient incapables de le reconna&icirc;tre..</strong>.</span>&raquo; (Lc24,16) </li> <li>&laquo;<span class="vertmaigre">...leurs yeux s'ouvrirent et <strong>ils le reconnurent. mais, d&eacute;j&agrave;, il avait disparu..</strong>.</span>&raquo; (Lc24,31) </li> </ul> </blockquote> <blockquote> <p><span class="turquoisemaigre">Le malaise d'&eacute;crivain est tel que Luc va finalement faire dire par le Christ lui-m&ecirc;me, alors que dans son r&eacute;cit le Christ &quot;clignote&quot; dans l'existence, quelque chose qui l'exclut carr&eacute;ment du monde concret:</span> </p> <ul> <li>&laquo;<span class="vertmaigre">...Puis il leur dit: -&nbsp;Voici ce que je vous ai dit <strong>quand j'&eacute;tais encore avec vous..</strong>.</span>&raquo; (Lc24,39) </li> </ul> </blockquote> <p align="center">* </p> <p>Si l'on s'en tenait aux r&eacute;cits de la R&eacute;surrection dans les trois premiers Evangiles, il serait peut-&ecirc;tre plus raisonnable de se contenter de croire que le Christ Ressuscit&eacute; n'est, au fond, qu'un souvenir agissant dans le coeur de ses disciples. O&ugrave;, pire encore, un &quot;p&egrave;re refoul&eacute;&quot; qui surgit dans le sympt&ocirc;me au temps de l'&eacute;preuve (il appara&icirc;trait dans nos consciences &agrave; la mani&egrave;re d'un fantasme ou d'une hallucination pour retourner aussit&ocirc;t dans les incons&eacute;quences de nos d&eacute;sirs frustr&eacute;s...) </p> <p>Pourtant, pour un chr&eacute;tien, le Christ Ressuscit&eacute; n'est pas compris comme la simple r&eacute;manence d'un &eacute;v&eacute;nement historique. Il n'est pas la traduction d'un fantasme refoul&eacute;. La Pr&eacute;sence du Christ Ressuscit&eacute; n'est pas non plus une pr&eacute;sence telle la &quot;pr&eacute;sence&quot; d'un Socrate ou d'un Descartes dans la Philosophie occidentale! Cette Pr&eacute;sence n'est pas la trace historique d'une &eacute;tape de la complexification de la pens&eacute;e humaine!... Cette Pr&eacute;sence n'est pas un cha&icirc;non de l'&eacute;volution darwinienne vers une humanit&eacute; plus performante en terme de survie... Elle n'est pas (ou n'est pas 'que') la muse de Kant lorsqu'il faisait de la morale... Elle n'est pas (ou n'est pas 'que') une &eacute;tape historique dans l'irr&eacute;pressible avanc&eacute;e d'un l'humanisme ath&eacute;e! Elle n'est pas (ou n'est pas 'que') l'inspiration des r&eacute;dacteurs des droits de L'homme...</p> <p>Tout cela serait beaucoup trop peu; nous nous contenterions sinon d'une bonne histoire des id&eacute;es et nous ne nous engoufferions pas dans les dangereuses et sp&eacute;cieuses exigences d'une th&eacute;ologie compliqu&eacute;e... </p> <p>&nbsp;</p> <p class="rougemaigre">2-Les mots et les symboles </p> <p>Vient alors l'&eacute;vangile de Jean qui prend le taureau par les cornes. Ce texte, comme celui de Luc, consacre un peu <a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-resurrection.htm#lc" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">plus de pages</a> au Christ Ressuscit&eacute;, mais au chapitre XXI, contrairement &agrave; ce qui peut se passer lorsqu'on lit Luc, le lecteur n'est pas enclin &agrave; penser &agrave; un fant&ocirc;me. </p> <blockquote> <p><span class="turquoisemaigre">A mieux y regarder, on remarquera que l'esprit des fant&ocirc;mes est malgr&eacute; tout encore un peu pr&eacute;sent au chapitre XX: Thomas y v&eacute;rifie les plaies d'un &laquo;Christ clignotant&raquo; qui &agrave; cet &eacute;gard rappelle celui d'Emma&uuml;s. Mais Jean, plus que les autres, va travailler dur pour sortir son lecteur de cette ambigu&iuml;t&eacute; spectrale</span>.</p> </blockquote> <p class="centre">* </p> <p>Dans un premier temps, Jean va carr&eacute;ment ajouter dans son r&eacute;cit un autre genre de r&eacute;surrection (<a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-lazarebethanie.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">celle de Lazare</a>) afin que son lecteur remarque bien qu'il y a 'r&eacute;surrection' et 'R&eacute;surrection'. </p> <p>La r&eacute;surrection de Lazare est toute m&eacute;dicale et, si l'on en croit le narrateur, personne &agrave; l'&eacute;poque n'h&eacute;site &agrave; dire que c'est bien Lazare qui revit dans son corps d'autrefois. On se d&eacute;place de loin pour aller constater <em>de visu </em> le prodige et &agrave; B&eacute;thanie on n'entend pas dire <em>&laquo;<span class="vertmaigre">...sous une autre forme...</span> </em>&raquo; ou &laquo;<em class="vertmaigre">...certains n'y croyaient pas...&raquo;</em>. On est m&ecirc;me en droit de croire que le corps m&eacute;dical de Lazare devra mourir une deuxi&egrave;me fois (une performance qui sera &eacute;pargn&eacute;e &agrave; J&eacute;sus!). </p> <blockquote> <p class="vertmaigre">&quot;...La grande foule des Juifs sut qu'il &eacute;tait l&agrave;; ils vinrent, non pas seulement &agrave; cause de J&eacute;sus, mais aussi pour voir Lazare, qu'il avait r&eacute;veill&eacute; d'entre les morts. 10 Les grands pr&ecirc;tres d&eacute;cid&egrave;rent alors de tuer aussi Lazare, 11 parce que beaucoup de Juifs s'en allaient &agrave; cause de lui et mettaient leur foi en J&eacute;sus...&quot; Jn12, 9-11</p> </blockquote> <p>Le r&eacute;veil de Lazare n'a donc rien &agrave; voir avec la R&eacute;surrection (avec un grand 'R') qui donne sens &agrave; tout le Christianisme. A quel village irions-nous&nbsp;d'ailleurs pour recevoir une confirmation de visu de cette R&eacute;surrection-l&agrave;? </p> <p class="centre">*<a name="thomas" id="thomas"></a>Thomas et la R&eacute;surrection*</p> <p>Dans un deuxi&egrave;me temps, pour affiner cette distinction, Jean va utiliser l'&eacute;volution mentale du tr&egrave;s empiriste et tr&egrave;s pragmatique Thomas&nbsp;qui deviendra ainsi le pr&eacute;texte et l'occasion de la description la plus subtile du Christ Ressuscit&eacute;. </p> <p>Suivons donc Thomas comme un fil rouge dans la m&eacute;lasse. </p> <p>Dans l'affaire de Lazare (qui pour J&eacute;sus s'annon&ccedil;ait comme politiquement dangereuse pour d'autres raisons), Thomas est d'abord pr&eacute;sent&eacute; comme un homme ayant d&eacute;pass&eacute; l'angoisse de la mort. Tout pragmatique qu'il est, c'est un homme m&ucirc;r qui sait s'engager; il est pr&ecirc;t au sacrifice s'il le faut. </p> <blockquote> <p class="vertmaigre">&laquo;<em>...Thomas, celui qu'on appelle le Jumeau, dit alors aux autres disciples: Allons-y, nous aussi, pour que nous mourions avec lui!&raquo; Jn11,16 </em></p> </blockquote> <p>Est-ce l'engagement d'un militant int&eacute;griste? Pour ma part, j'y vois plut&ocirc;t l'effet d'une amiti&eacute; &agrave; la fois sinc&egrave;re et m&ucirc;re dont les exigences coulent de source: <a href="../rel-spir/rel-spirit-erosphileagape.htm" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Philia</a> dans sa plus pure et plus haute expression. (Relevons le &laquo;<em class="vertmaigre">...avec lui...&raquo;</em> qui stigmatise bien l'intention 'phil&eacute;ique' du sacrifice de Thomas.) </p> <p>Ensuite, peut-&ecirc;tre justement parce qu'il n'est plus l'esclave de sa peur de mourir et n'est donc plus dupe du pouvoir illusoire de ses propres d&eacute;sirs, l'empiriste Thomas refuse de croire en la R&eacute;surrection. </p> <blockquote> <p class="vertmaigre">&laquo;<em>...Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt &agrave; la place des clous, et si je ne mets ma main dans son c&ocirc;t&eacute;, je ne croirai point.&raquo;</em> Jn20,25 </p> </blockquote> <p>Puis, Thomas sera cass&eacute; au coeur de ses certitudes d'empiriste; il ressentira lui aussi, physiquement, la Pr&eacute;sence du Christ et il dira cette merveilleuse phrase qui est l'humilit&eacute; absolue 'pour un empiriste' (entendez: 'pour un scientifique'!) : </p> <blockquote> <p class="vertmaigre">&laquo;<em>Mon Seigneur et mon Dieu.&raquo;</em> Jn20,28 </p> </blockquote> <p>&laquo;<em class="vertmaigre">Mon Seigneur...&raquo;</em> pour la reconnaissance de la Pr&eacute;sence mat&eacute;rielle de son ami. (&laquo;Seigneur&raquo;, c'est une mani&egrave;re tr&egrave;s respectueuse de dire &laquo;monsieur&raquo;. Elle est utilis&eacute;e par exemple par les gens simples lorsqu'ils s'adressent &agrave; des personnes consid&eacute;r&eacute;es &agrave; tord ou &agrave; raison comme sup&eacute;rieures. Jean utilise plusieurs fois &laquo;seigneur&raquo; dans ce sens. Ainsi, Marie-Madeleine dit &laquo;Seigneur&raquo; lorsqu'elle croit parler au jardinier du cimeti&egrave;re o&ugrave; a &eacute;t&eacute; enseveli J&eacute;sus (Jn20-15).)</p> <p>&laquo;<em class="vertmaigre">...et&nbsp;mon Dieu&raquo;</em> pour la reconnaissance de la part non biologique dans cette Pr&eacute;sence. Cette part non biologique, c'est le c&ocirc;t&eacute; passe-muraille du Ressuscit&eacute;. Oui, la chair de J&eacute;sus dont il est question ici a malgr&eacute; tout d&eacute;j&agrave; subi un petit lifting. Jean ne voulait pas laisser son lecteur croire qu'il n'y avait qu'objectivit&eacute; scientifique dans l'exp&eacute;rience de la Pr&eacute;sence v&eacute;cue par Thomas. Il avait donc fait passer ce corps &agrave; travers des portes ferm&eacute;es &agrave; la mani&egrave;re des spectres et des fant&ocirc;mes de Luc. Ca &quot;clignotait&quot; un peu trop pour &ecirc;tre cr&eacute;dible. Il fallait &ecirc;tre plus pr&eacute;cis. </p> <p>Comment diable Jean allait-il verbaliser la v&eacute;rit&eacute; du terrain sans avoir recours &agrave; ces tours de magiciens? Comment passer sans &eacute;quivoque de la litt&eacute;rature fantastique &agrave; la litt&eacute;rature spirituelle? Ce n'est qu'&agrave; la deuxi&egrave;me &eacute;criture de son Evangile que jean a finalement trouv&eacute;&nbsp;la solution: il attaquera l'ambigu&iuml;t&eacute; par une approche critique des symboles et des mots utilis&eacute;s. </p> <p>Pour concr&eacute;tiser cette strat&eacute;gie litt&eacute;raire, Jean, entre autres artifices, encadre son premier Evangile par <a href="rel-exeg-prologue.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">le Prologue</a> et <a href="rel-exeg-jn21.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">le chapitre XXI</a>. Du coup, Thomas (et le lecteur) qui sortait du <a href="../rel-citationsbible/rel-ref-bi-thomas.htm#20" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">XX&egrave;me</a> chapitre soi-disant 'lib&eacute;r&eacute;' de son incr&eacute;dulit&eacute; en pr&ecirc;tant subrepticement cr&eacute;dit aux propri&eacute;t&eacute;s 'passe-murailles' de J&eacute;sus est conduit cette fois &agrave; retravailler rien de moins que les racines de l'empirisme. Le Prologue est une m&eacute;ditation sur le sens du langage et en particulier du mot &laquo;vie&raquo;, ...Et le chapitre XXI est structur&eacute; autour de la reconnaissance de nouvelles fronti&egrave;res pour isoler ce qu'on appelle une personne. Thomas (et le lecteur) est maintenant en mesure de recevoir la supr&ecirc;me lucidit&eacute; sur la Pr&eacute;sence qui se r&eacute;v&egrave;le dans et par le doute, une des incontournables facette de ce qu'on appelle aujourd'hui le myst&egrave;re de l'alt&eacute;rit&eacute;. Par cette r&eacute;volution &eacute;pist&eacute;mologique, par ce nouvel ordre des symboles et des mots, la R&eacute;surrection peut enfin gagner toute sa cr&eacute;dibilit&eacute;, m&ecirc;me dans le monde des scientifiques! Les fant&ocirc;mes sont loin. </p> <p >&nbsp;</p> <p class="rougemaigre">3-Le myst&egrave;re, l'alt&eacute;rit&eacute; et l'Amour. </p> <p>&nbsp;</p> <p>Apr&egrave;s la lecture du chapitre XXI de Jean, nous n'aurons PLUS JAMAIS la possibilit&eacute; de dire, de penser, de toucher le Christ sans dire, sans penser et sans toucher aussi un myst&egrave;re. En d'autres mots, le Christ ne pourra PLUS JAMAIS s'identifier &agrave; l'id&eacute;e que nous pourrions en avoir. Au chapitre XXI, au bord du lac, reconna&icirc;tre le Christ, c'est accepter un myst&egrave;re pour le d&eacute;finir. L'importance accord&eacute;e &agrave; ce que les matheux appelleraient une 'inconnue' est une mutation du sujet pensant avant d'&ecirc;tre une mutation de l'objet pens&eacute;. L'acceptation du myst&egrave;re aide peut-&ecirc;tre &agrave; percevoir la Pr&eacute;sence du Christ, mais avant cela, elle nous fait capable de 'percevoir' l'abyssal trou de savoir au coeur de l'alt&eacute;rit&eacute;. </p> <p>Apr&egrave;s avoir lu le Prologue, apr&egrave;s avoir suivi J&eacute;sus jusqu'au lac du chapitre XXI, nous sommes finalement devenus capables de reconna&icirc;tre &agrave; la fois l'existence des 'autres' et l'existence du Dieu qui fait devenir 'autres'. Il suffisait d'accepter au bout du parcours ce que <a href="rel-exeg-prologue.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">le Prologue affirmait</a>&nbsp;sur la ligne de d&eacute;part: Dieu se situe au coeur du langage qui s&eacute;pare les choses les unes des autres. </p> <p>Lib&eacute;r&eacute; de l'&eacute;troitesse de son empirisme premier, Thomas peut enfin comprendre ces <a href="rel-exeg-jn21.htm#agape" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">trois questions</a> que le Christ Ressuscit&eacute; va poser devant lui &agrave; Pierre. Il fallait cette perspective plongeante sur la perception du monde pour &ecirc;tre en mesure d'entendre de telles questions. Sa relation amicale peut maintenant passer &agrave; la troisi&egrave;me vitesse: Philia peut devenir <a href="../rel-spir/rel-spirit-erosphileagape.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Agap&ecirc;</a>. Agap&ecirc;... Agap&ecirc;... Agap&ecirc; qui nargue le doute sur l'identit&eacute; parce qu'il n'en fait plus une condition de l'amour comme c'&eacute;tait encore le cas avec Philia. </p> <p>La chair vivante (la seule que nous puissions v&eacute;ritablement aimer lorsqu'on se dit chr&eacute;tien) a toujours sa part de myst&egrave;re. Celui qui n'accepte pas cela est perdu pour l'&eacute;ternit&eacute; chr&eacute;tienne. Perdu pour l'&eacute;ternit&eacute; celui qui affirme que sa conscience pourrait, en droit, rendre compte de toute la vie. Perdu celui qui renie &agrave; la fois l'alt&eacute;rit&eacute; et le Dieu qui la cr&eacute;e. </p> <p>Dans le Prologue, le Dieu johannique d&eacute;limitait le pouvoir descriptif de la science par les contraintes du langage et Il donnait d&eacute;j&agrave; au myst&egrave;re&nbsp;cons&eacute;cutif d'&ecirc;tre le crit&egrave;re de l'existence du vivant. Mais si ce sont les limites inh&eacute;rentes au langage qui me r&eacute;v&egrave;lent l'existence de l'autre, la possibilit&eacute; d'Agap&ecirc; &eacute;merge! <a name="agape" id="agape"></a>Agap&ecirc; c'est aimer un fr&egrave;re gr&acirc;ce &agrave; son myst&egrave;re alors que Philia, c'&eacute;tait encore aimer un fr&egrave;re malgr&eacute; son myst&egrave;re! </p> <p>Cette nouvelle mani&egrave;re d'aimer n'est pourtant jamais qu'une proposition &agrave; prendre ou &agrave; laisser. </p> <p>A propos de cette libert&eacute; de prendre ou de laisser, le chapitre XXI nous lance une affirmation stup&eacute;fiante qui pourrait expliquer &agrave; elle seule la croix. Ce que le Christ demande, c'est la reconnaissance du myst&egrave;re dans l'ordre des choses pour y faire &eacute;merger 'l'autre' du silence, pour faire &eacute;merger 'l'autre' de la math&eacute;matique cosmique. Mais le Christ tol&egrave;re qu'au cours de notre avanc&eacute;e spirituelle, nous laissions Agap&ecirc; dans le caniveau! Tant pis si, ayant acquis tout ce qu'il faut pour savoir l'existence de l'autre, nous refusons de l'aimer sur le mode supr&ecirc;me. Le Christ accepte cette faiblesse. En d'autres mots, le Christ accepte que nous refusions d'&eacute;tablir une relation amoureuse avec un myst&egrave;re pourvu que nous reconnaissions au moins son existence, ...pourvu que nous acceptions au moins que tout ce qui est aimable dans le cosmos s'habille aussi de ce myst&egrave;re lorsqu'il se manifeste! A cette condition, le Christ accepte (&agrave; contre coeur peut-&ecirc;tre) que nous laissions notre mani&egrave;re d'aimer entrav&eacute;e par Philia. </p> <p>Pour nous donner cette &eacute;trange le&ccedil;on, Jean remet en sc&egrave;ne le bon vieux Pierre. </p> <p>Pierre avait donc accept&eacute; d&egrave;s le d&eacute;but du chapitre XXI de reconna&icirc;tre le Christ en cette personne qui l'intriguait au bord du lac. Le Christ lui demande deux fois de monter jusqu'&agrave; une relation totalement d&eacute;sentrav&eacute;e des r&eacute;alit&eacute;s historiques ant&eacute;rieures qui avaient scell&eacute; l'amiti&eacute; entre Pierre et J&eacute;sus. Pierre refuse deux fois. </p> <p>Le Christ demande deux fois '<span class="vertmaigre ital">...Agap&ecirc;...</span>' et Pierre r&eacute;pond deux fois '<span class="vertmaigre ital">...Philia...</span>'. Entendons ici que Pierre r&eacute;pond deux fois au Christ qu'il pr&eacute;f&egrave;re en rester &agrave; cet amour d'avant la croix, cet amour qui identifie sa cible &agrave; partir de crit&egrave;res connus par le pass&eacute; commun: s'il aime le Christ, c'est parce qu'il reconna&icirc;t en Lui le J&eacute;sus qu'il avait concr&egrave;tement suivi pendant trois ans. </p> <p>La surprise, c'est que le Christ craque! Il accepte que Pierre ne monte pas son amiti&eacute; jusqu'&agrave; l'altitude de Agap&ecirc;. (La troisi&egrave;me fois, le Christ demande '<span class="vertmaigre ital">...Philia...</span>') Le Christ accepte que Pierre maintienne sa relation &agrave; son niveau immature. </p> <p>Et le miracle dans le miracle, c'est qu'&agrave; ce moment-l&agrave;, au troisi&egrave;me essai, lorsque le Christ accepte finalement de baisser le niveau de son exigence, Pierre s'attriste d'avoir oblig&eacute; le Christ de passer &agrave; une altitude inf&eacute;rieure. </p> <blockquote> <p class="vertmaigre">' <em>...Petros s'attriste de ce qu'il lui demande pour la troisi&egrave;me fois: &laquo;Me ch&eacute;ris-tu?&raquo;... </em>' Jn21,17 (traduction Chouraki) </p> </blockquote> <p>La graine germait d&eacute;j&agrave;. Est-ce parce que le Christ s'attendait &agrave; cette &eacute;volution du coeur de Pierre que le Christ a accept&eacute; la faiblesse de Pierre? Il pensait peut-&ecirc;tre quelque chose du genre: </p> <blockquote> <p><em>&laquo;Tu refuses Agap&ecirc;? Peu importe mon bon vieux Pierre. On va peut-&ecirc;tre perdre un peu de temps. Tu vas peut-&ecirc;tre devoir souffrir. Mais puisque tu as d&eacute;j&agrave;, malgr&eacute; le doute, accept&eacute; de reconna&icirc;tre ma Pr&eacute;sence dans le myst&egrave;re de ce monsieur qui te parle maintenant au bord du lac, la graine est d&eacute;j&agrave; dans le bon terreau. In&eacute;vitablement, la graine va germer parce que finalement tu voudras qu'elle germe!&raquo; </em></p> </blockquote> <p>Dans le christianisme, accepter la nature myst&eacute;rieuse de l'autre suffira donc pour recevoir l'&eacute;ternit&eacute;. Par sa troisi&egrave;me question au bord du lac, le Christ renvoyait Pierre &agrave; la tristesse de sa limite, mais pas &agrave; une damnation. </p> <p>&nbsp;</p> <p class="rougemaigre">5-Maturit&eacute; et R&eacute;surrection </p> <p>&nbsp;</p> <p>Entre le Thomas adulte du chapitre XI qui ne craint pas de mourir et le Thomas sage du Chapitre XX qui &eacute;largit le domaine de la Pr&eacute;sence par-del&agrave; les fronti&egrave;res du corps biologique, il y a encore le chapitre XIV o&ugrave; Thomas s'interroge et interroge. C'est la seule part qui d&eacute;pend exclusivement de lui dans cette conqu&ecirc;te spirituelle puisque le reste serait plut&ocirc;t une affaire de maturit&eacute; ou de sensibilit&eacute;. </p> <blockquote> <p class="vertmaigre ital">&laquo;...Que votre coeur ne se trouble pas. Mettez votre foi en Dieu, mettez aussi votre foi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon P&egrave;re. Sinon, vous aurais-je dit que je vais vous pr&eacute;parer une place? Si donc je m'en vais vous pr&eacute;parer une place, je reviens vous prendre aupr&egrave;s de moi, pour que l&agrave; o&ugrave;, moi, je suis, vous soyez, vous aussi. Et l&agrave; o&ugrave;, moi, je vais, vous en savez le chemin. Thomas lui dit: 'Seigneur, nous ne savons pas o&ugrave; tu vas; comment en saurions-nous le chemin?'...&raquo; Jn11,1-5 </p> </blockquote> <p>Remarquons que le d&eacute;sir de savoir de Thomas ne se verbalise qu'apr&egrave;s la maturation de Philia dans son coeur. N'est-ce pas l&agrave; une mani&egrave;re de dire ce que tous les p&eacute;dagogues savent? Impossible de percevoir l'alt&eacute;rit&eacute; si l'on n'a &eacute;t&eacute; pr&eacute;alablement m&ucirc;ri par les joies de Philia! Il ne faut pas r&ecirc;ver; l'enfance n'est pas en mesure d'affronter les exigences mentales du myst&egrave;re! Il faut passer par une maturation. En fran&ccedil;ais on dira tout simplement qu'il faut avoir &eacute;t&eacute; aim&eacute; pour pouvoir aimer. C'est d'ailleurs un message r&eacute;current de tout le corpus &eacute;vang&eacute;lique. (Ce message est surtout d&eacute;velopp&eacute; par Luc: la <a href="rel-exeg-intro.htm#txt" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">parabole du 'bon Samaritain'</a> est embl&eacute;matique &agrave; ce propos!). Derri&egrave;re la tristesse de Pierre au chapitre XXI (qui exprime d&eacute;j&agrave; sa supr&ecirc;me conversion!), il y a toute la place (et m&ecirc;me la n&eacute;cessit&eacute;!) d'un territoire 'phil&eacute;ique' que l'on pourra rep&eacute;rer aussi dans ce que la tradition chr&eacute;tienne demande de la vie conjugale, familiale et sociale. </p> <p>C'est exactement pour la m&ecirc;me raison qu'on doit parler d'une initiation&agrave; la perception de la R&eacute;surrection: le tombeau vide d'abord, juste pour &ecirc;tre mis sur la bonne route, ...et puis seulement la question essentielle de la Pr&eacute;sence! </p> <p>Les quatre interventions du Thomas johannique installent graduellement le m&eacute;ditant chr&eacute;tien dans un &eacute;tat d'esprit critique plut&ocirc;t que suspicieux. Il s'agit de d&eacute;couvrir graduellement ce &laquo;quelque chose&raquo; qui semble &ecirc;tre au coeur de l'identit&eacute; &agrave; la fois du J&eacute;sus mort et du Christ Ressuscit&eacute; plut&ocirc;t que de d&eacute;lib&eacute;rer sur la persistance ou non d'une exp&eacute;rience du pass&eacute;. De l'identification de son ami par le secours de la chair des biologistes, Thomas est pass&eacute; &agrave; l'identification de son ami par la reconnaissance d'un myst&egrave;re qui lui est propre (et qui n'est pas une &eacute;nigme; une &eacute;nigme peut toujours, en droit &ecirc;tre r&eacute;solue, pas un myst&egrave;re). </p> <p>En fait, pour un chr&eacute;tien, ce myst&egrave;re devient n&eacute;cessairement le seul repr&eacute;sentant l&eacute;gitime de toute pr&eacute;sence, pas seulement de celle du Christ Ressuscit&eacute;. Dans les r&eacute;alit&eacute;s math&eacute;matiques ou math&eacute;matisables du monde, il n'y a pas &agrave; proprement parler de relation possible, il n'y a que des interactions. Les interactions, c'est l'affaire des savants.&nbsp;Dans le langage chr&eacute;tien, la vie, la relation et l'amour ne commencent que lorsque s'annonce et s'accepte l'impr&eacute;vu et l'impr&eacute;visible. </p> <p class="centre">*</p> <p>Nous ne sortons pas indemnes de la le&ccedil;on de Jean. D&eacute;sormais, puisque la mutation finale s'est op&eacute;r&eacute;e dans notre conscience et non dans l'objet/sujet vis&eacute; par notre conscience, nous ne pouvons plus vraiment faire l'impasse sur un acte de foi lorsque nous pensons &agrave; une personne. Reconna&icirc;tre l'alt&eacute;rit&eacute; (ou ne pas la reconna&icirc;tre) c'est TOUJOURS un acte de foi. Reconna&icirc;tre l'alt&eacute;rit&eacute; (ou ne pas la reconna&icirc;tre) c'est TOUJOURS croire (ou ne pas croire) que la science en progr&egrave;s n'arrivera <a href="../rel-theo/rel-theo-limaille.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">JAMAIS</a> (ou arrivera un jour) au terme de sa qu&ecirc;te sur l'identit&eacute; de l'homme. </p> <p>Cette radicalit&eacute; du myst&egrave;re de l'autre est, tous comptes faits, facile &agrave; accepter, m&ecirc;me pour un int&eacute;griste de l'empirisme. Chaque fois que la science ouvre une porte c'est pour nous d&eacute;couvrir un couloir avec beaucoup de nouvelles portes &agrave; ouvrir. Historiquement, jusqu'aujourd'hui la science n'a jamais fait que confirmer et amplifier la possibilit&eacute; du myst&egrave;re dans la personne et dans la vie en g&eacute;n&eacute;ral. Sur ce point, il me semble bien plus solide (intellectuellement) d'&ecirc;tre chr&eacute;tien que de ne pas l'&ecirc;tre. (C'est sans dire le privil&egrave;ge d'y croire! Ce myst&egrave;re, une fois reconnu pour tel, ouvre une porte au divin en l'homme et &agrave; l'&eacute;ternit&eacute; tapie au creux de sa chair. Mais surtout, c'est l'incontournable chemin pour acc&eacute;der &agrave; ce qui semble la joie supr&ecirc;me: l'exercice d'Agap&ecirc;! ) </p> <p align="center">* </p> <p>Que faut-il d&eacute;sormais entendre par &laquo;chair&raquo;? </p> <p>Les fant&ocirc;mes se sont &eacute;loign&eacute;s et la question s'est d&eacute;plac&eacute;e. Obs&eacute;d&eacute; de Pr&eacute;sences r&eacute;elles, je ne chercherai m&ecirc;me plus &agrave; associer telle ou telle chair &agrave; telle ou telle identit&eacute; civile ou m&eacute;dicale. La chair &eacute;ternelle, c'est celle qui offre une pr&eacute;sence vivante au coeur des formules math&eacute;matiques qui r&eacute;gissent la mati&egrave;re dans laquelle nous semblons un moment ou l'autre immerg&eacute;s. </p> <p>D&egrave;s son <a href="rel-exeg-prologue.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Prologue</a> Jean nous a introduits sous les tr&eacute;teaux des mots, au niveau des prises de sens. Le puzzle de symboles dont le langage johannique voulait nous rendre compte a &eacute;t&eacute; d&eacute;coup&eacute; autrement. Derri&egrave;re les mots de tous les jours, Jean manipule des morceaux de r&eacute;el qui s'articulent autrement, se c&ocirc;toient autrement, se dessinent les uns les autres et les uns par les autres autrement. Les r&egrave;gles du jeu ne sont plus tout &agrave; fait les m&ecirc;mes. Les contingences ont chang&eacute;. Les nouveaux trac&eacute;s des fronti&egrave;res entre les parties du cosmos <a href="../rel-bud/rel-bud-ordresymb.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">se contraignent</a> autrement. </p> <p>Le lecteur de Jean est embarqu&eacute; dans un usage des mots qui est ,de fait, ballott&eacute; entre deux mani&egrave;res diff&eacute;rentes de d&eacute;couper le r&eacute;el en parties. D'un c&ocirc;t&eacute; les mots de tous les jours rendent compte du d&eacute;coupage habituel du r&eacute;el (dans le r&eacute;cit de jean, c'est le parti des auditeurs de J&eacute;sus qui deviennent &eacute;videmment quelque peu perplexes lorsque J&eacute;sus commence &agrave; parler de cannibalisme par exemple!(<a href="../rel-citationsbible/4tob.htm#0650" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">Jn6,50</a>)) </p> <p>De l'autre c&ocirc;t&eacute;, les mots de tous les jours recouvrent un d&eacute;coupage diff&eacute;rent du r&eacute;el. C'est le parti de J&eacute;sus et de ses disciples. </p> <p>Le nouvel usage des anciens mots cr&eacute;e une tension dont va souffrir celui qui ne prend pas une distance critique. L'usage des m&ecirc;mes mots pour rendre compte de deux divisions diff&eacute;rentes du magma cosmique en entit&eacute;s distinctes suscite n&eacute;cessairement un malaise&nbsp;dont quelques formules johanniques sont embl&eacute;matiques: 'l'eau vive', 'mangez mon corps', 'je suis la vie'... En dessous des phrases johanniques, le temps et l'espace ne conditionnent plus tout le r&eacute;el, nous pouvons rena&icirc;tre, la parent&eacute; se fonde sur la volont&eacute;, nous ne pouvons vivre que dans et par le Christ, etc. </p> <p>Le lecteur d'aujourd'hui, avec les mots et les symboles scientifiques du XXIe si&egrave;cle, se demande si J&eacute;sus est ou n'est pas psychotique et se demande donc si cela vaut la peine d'investir plus d'&eacute;nergie mentale pour essayer d'entrer dans cette autre mani&egrave;re de comprendre le monde (un nouveau 'mod&egrave;le intellectuel' diraient peut-&ecirc;tre les scientifiques). Le monde de J&eacute;sus ne semble pas tout &agrave; fait d&eacute;pourvu de coh&eacute;rence, mais il exige de nous une humilit&eacute; qui est peut-&ecirc;tre plus qu'une simple lucidit&eacute;: l'acte de foi &eacute;voqu&eacute; plus haut. </p> <p>La d&eacute;ception lancinante de J&eacute;sus&nbsp;qui se sent incompris tout au long du texte de Jean peut-elle &ecirc;tre interpr&eacute;t&eacute;e comme le sympt&ocirc;me d'une parano&iuml;a? Non! C'est difficile voire impossible de parler de parano&iuml;a avec J&eacute;sus parce que l'on sent bien qu'il n'a pas vraiment l'&eacute;toffe mentale d'un parano&iuml;aque: il y a trop d'altruisme en lui, trop de concessions au 'non-moi', trop d'importance accord&eacute;e &agrave; la gratuit&eacute;, une conscience trop aigu&euml; de l'alt&eacute;rit&eacute; dans le sens le plus exigeant et le plus n&eacute;vrotique du mot. En fait, pour lire dans la mani&egrave;re d'&ecirc;tre de J&eacute;sus le sympt&ocirc;me d'un psychotique au bord de la d&eacute;compensation, il nous faudrait de la mauvaise foi. Il me semble plus raisonnable de lire &agrave; travers ce pseudo-sympt&ocirc;me d'un pseudo-psychotique un effort de J&eacute;sus pour faire entrer ses auditeurs dans une mani&egrave;re plus pertinente (selon lui) de diviser le r&eacute;el en parties et de mettre ces parties en relations dans notre conscience. </p> <p>&nbsp;</p> <p class="rougemaigre">4-La mort </p> <p>&nbsp;</p> <p>La perception de l'identit&eacute; a &eacute;t&eacute; mise sur la table. Jean a propos&eacute; un recul critique par rapport au langage. C'est un travail spirituellement exigeant qui donne beaucoup de place &agrave; des variables inconnues, mais c'est aussi intellectuellement plus sain. Ce qui fait que je suis 'je', ce n'est pas ce que Marx, Spinoza, la science m&eacute;dicale ou la physique fait du 'corps' et de la 'chair'. Jean sait bien que ces perceptions-l&agrave; de l'identit&eacute; n'ont pas d'&eacute;ternit&eacute; &agrave; esp&eacute;rer. Pour Jean, la foi en la R&eacute;surrection de la chair ne nous dispense ni de la mort m&eacute;dicale ni m&ecirc;me de l'angoisse de mourir et la <a href="rel-exeg-jn21.htm#mort" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">finale du chapitre XXI</a> est lumineuse, divinement inspir&eacute;e, incontournable pour les chr&eacute;tiens qui en douteraient. </p> <p>Nous sommes invit&eacute;s &agrave; croire plut&ocirc;t en la R&eacute;surrection d'une chair relationnelle (tout en acceptant, pourquoi pas, que les relations sont souvent et <a href="../rel-theo/rel-theo-limaille.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">entrav&eacute;es</a> par les interactions de la science). Les interactions des scientifiques (comme l'avait bien vu Bergson) se d&eacute;ploient dans un temps totalement virtuel. Dans une th&eacute;orie d&eacute;terministe, le d&eacute;but d'une d&eacute;monstration math&eacute;matique existe en m&ecirc;me temps que sa conclusion! C'est dans un temps r&eacute;el que se d&eacute;ploie la possibilit&eacute; de la relation (dans la dur&eacute;e bergsonienne). Il est temps que nous cessions de croire que le mouvement tel qu'il est d&eacute;crit par les scientifiques est un crit&egrave;re essentiel de la vie. Une pierre en chute libre bouge sous les r&egrave;gles de la math&eacute;matique, mais cela ne suffit pas pour dire qu'elle vit. La pierre vivra et sera aimable (ou ha&iuml;ssable) dans la stricte mesure de son impr&eacute;visibilit&eacute;! Un chr&eacute;tien ne peut pas accepter le 'DEUS SIVE NATURA' car pour un chr&eacute;tien, Dieu a divis&eacute; d'une mani&egrave;re aussi radicale que ce que le langage peut diviser. (Et plus loin que le langage? Peu importe puisqu'on ne peut en parler!) L'univers n'est pas &quot;un&quot;...</p> <p>Une fois la question de l'identit&eacute; retravaill&eacute;e et les peurs infantiles vaincues, l'homme qui accepte de chercher, qu'il soit m&ecirc;me le plus radical des empiristes, ne peut plus repousser du revers de la main le trouble qu'a ressenti Thomas devant le Christ Ressuscit&eacute; au bord du lac. </p> <p><span class="petitpetit">Une fois la question de l'identit&eacute; retravaill&eacute;e</span> (<span class="vertmaigre">...</span><span class="vertmaigre">Tout a &eacute;t&eacute; fait par elle (la Parole), et rien de ce qui a &eacute;t&eacute; fait n'a &eacute;t&eacute; fait sans elle. En elle &eacute;tait la vie, et la vie &eacute;tait la lumi&egrave;re des hommes...</span>) <span class="petitpetit">et les peurs infantiles vaincues</span> (<span class="vertmaigre">...<em>Allons-y, nous aussi, pour que nous mourions avec lui!...</em></span>) <span class="petitpetit">, le disciple qui accepte de chercher</span> (<span class="vertmaigre">...Seigneur, nous ne savons pas o&ugrave; tu vas; comment en saurions-nous le chemin?...</span>) <span class="petitpetit">qu'il soit m&ecirc;me le plus radical des empiristes </span>(<span class="vertmaigre">...Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt &agrave; la place des clous, et si je ne mets ma main dans son c&ocirc;t&eacute;, je ne croirai point...</span>)<span class="petitpetit"> , ne peut plus repousser du revers de la main le trouble qu'a v&eacute;cu Thomas au bord du lac. </span>(<span class="vertmaigre">...aucun des disciples n'osait lui demander: Qui es-tu?</span>...) </p> <p>&nbsp;</p> <p class="rougemaigre">5-Finale </p> <p>&nbsp;</p> <p>Redisons-le encore une derni&egrave;re fois autrement: </p> <p>L'Evang&eacute;liste Jean ne nous cache pas que ce n'&eacute;tait pas le corps m&eacute;dical de J&eacute;sus qui &eacute;tait en face d'eux au bord du lac. Mais l'essentiel de J&eacute;sus, ce qui faisait que J&eacute;sus &eacute;tait J&eacute;sus et pas un autre &eacute;tait pourtant pr&eacute;sent! Ce matin-l&agrave;, Jean, Thomas et Pierre le savaient et ils en &eacute;taient boulevers&eacute;s. La chair des biologistes peut bien continuer son petit bonhomme de chemin avec ses morts et ses naissances. Qu'importe&nbsp;cette identification-l&agrave;. Cette mat&eacute;rialit&eacute; des choses qui est partag&eacute;e par toute l'humanit&eacute;, n'est qu'une excr&eacute;tion de quelque chose de premier en nos consciences qui laisserait toujours &agrave; d&eacute;couvert un myst&egrave;re. Aucune science n'en viendra &agrave; bout. Il y a un trou dans l'objectivit&eacute;, et c'est l&agrave; que vit la Vie. C'est l&agrave; que se nichent le Christ Ressuscit&eacute; et la part &eacute;ternelle de notre identit&eacute;, la possibilit&eacute; du miracle, la libert&eacute;... Je suis &laquo;je&raquo; alors m&ecirc;me que toutes les mol&eacute;cules qui me constituent ne sont que flux et reflux &agrave; travers moi. Je suis &laquo;je&raquo; alors m&ecirc;me que les rapports entre ces flux et reflux glissent &agrave; travers moi sous la f&eacute;rule des math&eacute;matiques. </p> <p>Qui, s'il accepte de descendre jusqu'aux tr&eacute;teaux des mots,&nbsp;pourra confondre Jean? N'importe quel scientifique peut se rendre compte que la science n'assume jamais compl&egrave;tement les failles inh&eacute;rentes au langage. La science doit toujours construire et reconstruire de nouveaux jeux d'axiomes et de symboles pour rester cr&eacute;dible. A chaque nouveau mod&egrave;le scientifique, un peu plus de r&eacute;el s'ordonne dans nos consciences. A chaque nouveau jeu d'axiomes, on s'&eacute;tonne de ce que le pr&eacute;c&eacute;dent ait pu nous leurrer &agrave; ce point. Toujours plus d'ordre derri&egrave;re, ...mais, surtout, toujours, toujours, toujours un myst&egrave;re plus profond devant! C'est la r&egrave;gle de la science! Le chr&eacute;tien peut sourire de tous ceux qui n'arrivent pas &agrave; voir que l'objectivit&eacute; n'est que le fruit de conventions langagi&egrave;res approximatives et que toute forme d'objectivit&eacute; est d&eacute;j&agrave; condamn&eacute;e &agrave; mourir sous les travaux de nouveaux savants. Nous avons le droit de croire en la R&eacute;surrection, m&ecirc;me et surtout sous le r&egrave;gne des d&eacute;terminismes scientifiques. A bien y regarder, c'est m&ecirc;me la persistance de cette Pr&eacute;sence qui oblige le savant &agrave; prendre conscience de l'incompl&eacute;tude, de la falcifiabilit&eacute;, de ses anciennes formules. </p> <p>Avec Jean, la Pr&eacute;sence de Dieu a bel et bien quelque chose &agrave; voir avec cette <a href="rel-exeg-prologue.htm#scienceinfo" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">contrainte linguistique</a> qui d&eacute;place toujours ailleurs l'objectivit&eacute; et nous ouvre les yeux toujours 'autrement' sur le cosmos. Dieu nous est donn&eacute; par cette contrainte linguistique qui rabaisse la causalit&eacute; au statut des connaissances &eacute;ph&eacute;m&egrave;res. Dieu est ce Langage&nbsp;et Dieu n'est PAS un objet d&eacute;crit par ce langage nous dit le Prologue johannique. (<a href="rel-exeg-prologue.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">voir l'article d&eacute;j&agrave; r&eacute;dig&eacute; sur le Prologue</a>). L'&eacute;ternit&eacute;, la chair et la vie entrent dans une nouvelle structure de sens qui pourrait tr&egrave;s bien mieux rendre compte du r&eacute;el &agrave; notre conscience que les symboles et les conventions verbales actuelles des m&eacute;decins. On est aujourd'hui plus que jamais en droit de penser que cette 'chair' Ressuscitable dont parle Jean est le coeur de ce qui fait que je suis moi et que je reste moi lorsque je dors, lorsque je perds la t&ecirc;te, lorsque je perds un bras, lorsque je perds ma jeunesse, ...lorsque je perds mes caract&eacute;ristiques biologiques telles que la biologie les d&eacute;finit aujourd'hui ET telle qu'elle les d&eacute;finira demain. </p> <blockquote> <p>Si mon lecteur &eacute;prouve encore quelque difficult&eacute; &agrave; comprendre la possibilit&eacute; de la cohabitation de la science avec un ind&eacute;terminisme religieux, je l'invite &agrave; lire l'article intitul&eacute; <a href="../rel-theo/rel-theo-limaille.htm#0" target="pop0resurrection" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">'La main dans la limaille'</a>. </p> </blockquote> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p>paul yves wery - Chiangmai-Bruxelles, mars 2010 </p> <p class="petitpetit" >Version 1.02, mars 2010 </p> <p class="petitpetit" >Version 1.03, novembre 2010</p> <p class="petitpetit" >Version 1.04, f&eacute;vrier 2011</p> <p >&nbsp;</p> <blockquote> <blockquote> <p>A propos de la R&eacute;surrection, lire aussi &quot;<a href="rel-exeg-emmaus-cadre.htm" target="_top" onClick="MM_showHideLayers('glap1','','show','startpoptrans','','hide','poptrans','','show','x','','hide')">L'auberge d'Emma&uuml;s, c'est chez moi</a>&quot; </p> <p>et surtout &quot;<a href="rel-exeg-resurrection-cadre.htm" target="_top">Noli me tangere</a>&quot; </p> </blockquote> </blockquote> <p >&nbsp;</p> <p >&nbsp;</p> <p >&nbsp;</p> <p >&nbsp;</p> </div>